Pourquoi le ministre Norbert Anandra a été limogé?

Deux faits majeurs pourraient faire partie de la décision ayant conduit au remplacement du ministre de la Sécurité publique, Norbert Anandra. Il s’agit de la gestion de l’affaire Befandriana Avaratra mais également certaines observations sur son état de santé.

Gestion catastrophique de l’affaire Befandriana Avaratra
Plusieurs faits marquants dans l’affaire Befandriana Avaratra ont précipité le départ de l’ancien ministre de la Sécurité publique, Norbert Anandra. La conférence de presse qu’il a tenue le 23 février après l’incident n’est pas étrangère à la décision de l’Exécutif à son encontre. Il avait défendu ses frères d’armes envoyés sur place, et avait attribué l’origine de l’incendie de plusieurs centaines de maisons d’habitation dans des villages à Antsakabary à un « aliéné mental ». Une autre version, délivrée par des sources crédibles, engageant la responsabilité des policiers envoyés sur place après la mort de deux éléments des forces de l’ordre, avait pourtant mis à mal la déclaration du membre du gouvernement.
La prise de position du Premier ministre Olivier Mahafaly le 1er mars dès son retour au pays s’apparente à un indice sur le sort de Norbert Anandra. Le chef du gouvernement avait indiqué la nécessité de vérifier l’exactitude des rapports avant de les rendre publics. L’ancien ministre de la Sécurité publique avait basé son annonce sur le rapport de ses deux directeurs généraux, selon ses termes.
Déjà, la question s’est posée sur la mission exacte des éléments des forces de l’ordre envoyés dans la commune d’Antsakabary. Aucun trouble à l’ordre public n’avait eu lieu après la mort des deux policiers, lynchés Antsakabary le 18 février à la suite d’une supposée tentative de racket des familles des personnes incriminées dans une banale histoire de cane tuée.
Ministre sur la sellette
Indépendamment du cas de Befandriana Avaratra, Norbert Anandra se sait sur la sellette depuis un certain temps. Il avait déjà fait part du principe de l’alternance pour répondre une question des journalistes sur son cas le 23 février.
L’ancien membre du gouvernement est, entre autres, fréquemment malade. Par ailleurs, ses débuts à la tête du ministère de la Sécurité publique n’étaient pas un long fleuve tranquille. Il avait eu quelques divergences avec le staff du département, matérialisées par la démission du directeur de cabinet – procédure qui n’est pas allée à son terme. Des voix se sont fait, depuis, entendre, de suggérer son remplacement pour un meilleure fonctionnement de l’administration.

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