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Ravalomanana lié à la requête en annulation de la nomination des ministres

Une contestation qui risque de faire des vagues. C’est l’ancien président Marc Ravalomanana qui a donné une procuration à Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente à l’Assemblée nationale, pour formuler la requête en annulation de la nomination des membres du gouvernement. L’information a été révélée par le commissaire général de la loi lors de l’audience relative à la demande de sursis à exécution du décret de nomination des membres du gouvernement du 11 juin, mercredi au Conseil d’Etat, à Anosy.

Cette procuration octroyée par l’ancien chef de l’Etat en tant que fondateur du Tiako i Madagasikara (Tim) et versée dans le dossier, constitue le motif valable sur l’intérêt accordé à la plaignante pour entamer la démarche auprès du Conseil d’Etat, toujours selon le commissaire général de la loi. La requête, examinée mercredi, a été rejetée par le Conseil d’Etat.

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La démarche de Marc Ravalomanana rend moins lisible la position du Tim à la suite de la formation du gouvernement. D’un côté, l’ancien parti au pouvoir accepte de faire son entrée dans le gouvernement en y intégrant quelques ministres dont deux anciens députés qui ont fait partie du mouvement sur la Place du 13 mai. Ces ministres travaillent pour la réouverture de la MBS, la station audiovisuelle de Marc Ravalomanana, ainsi que de la société AAA, l’entreprise qui exploite une partie des sites de Tiko et qui commercialise ses produits. De l’autre côté, l’ancien président apporte son soutien à une tentative menée par une député, toujours active sur le parvis de Hôtel de ville, visant à faire tomber l’équipe  gouvernementale.

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Le 17 juin, Marc Ravalomanana avait indiqué n’avoir contracté un quelconque accord politique pour la formation du gouvernement. Il avait évoqué un « accord sans son accord qui  gêne le fonctionnement du gouvernement ». Mais il affirme avoir accepté l’entrée des éléments du Tim au sein de l’équipe du Premier ministre Christian Ntsay dans la mesure où  » le TIM ne souhaite pas être un blocage », selon ses termes.

Cette affaire de procuration risque de mettre les ministres TIM dans une position inconfortable au sein du gouvernement. Elle pourrait affaiblir l’équipe gouvernementale de Christian Ntsay alors que des voix se sont élevées pour critiquer sa formation le 11 juin. Le parti Malagasy miara-miainga (MMM) avait déploré le non-respect de la décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC) sur la déchéance du Président de la République, tandis que Andry Rajoelina, ancien président de la Transition, avait déjà laissé entendre la possibilité d’un remaniement.

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Le gouvernement Ntsay a, entre autres,  pour mission d’assurer la tenue de la présidentielle anticipée exigée par la HCC le 25 mai. La juridiction constitutionnelle, évoquant ensuite une sanction contre le chef de l’Etat, avait ordonné la dissolution du gouvernement Mahafaly et la nomination d’un Premier ministre de consensus, puis d’un gouvernement censés refléter le rapport des forces né des résultats des législatives de 2013. C’est cette formation du gouvernement qui est contestée par la requête en annulation déposée au Conseil d’Etat, invoquant un non-respect de la décision de la juridiction constitutionnelle.