Distribution de produits désinfectants aux responsables des écoles privées

De nouveaux protocoles adoptés en période épidémique

La peste a beau être une maladie courante et saisonnière à Madagascar, comme ne cessent de le répéter les autorités, ces dernières ont été prises de court par l’ampleur de l’épidémie du début de saison 2017-2018. Mal préparées à faire face à la peste pulmonaire urbaine, elles se retrouvent contraintes à changer de protocole en pleine période épidémique. C’est ainsi, par exemple, que le règlement en matière d’inhumation est en cours de changement, tandis que le ministère de l’Education nationale a également dû procéder à un renouvellement du protocole à suivre au niveau des établissements scolaires.

Une étude pour des enterrements dignes et sécurisés
Sous la pression des familles qui refusent violemment que leurs proches décédés de la peste ne soient pas veillés et soient enterrés ailleurs que dans les caveaux familiaux, le ministère se décide enfin à réfléchir à un système permettant l’inhumation dans les tombeaux familiaux des personnes soupçonnées d’être mortes de la peste.
« Des études sont en cours », précise une note signée du ministre de la Santé publique en date du 20 octobre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà proposé un système qui permet que les familles puissent participer à la préparation des corps de leurs proches et que les défunts puissent être enterrés dans les caveaux familiaux.naoty fandevenana
Selon ce protocole en cours de test, les cadavres doivent d’abord être désinfectés, puis emballés dans des sacs mortuaires individuels avant d’être recouverts des linceuls à la manière traditionnelle. Les veillées funèbres devraient être possibles, tandis que les défunts devraient pouvoir être transportés jusque dans leur village natal où ils pourraient être inhumés dans leurs caveaux familiaux. L’OMS laisse même entendre que le « famadihana » serait possible sans qu’aucun délai ne doive être respecté si le test est concluant.
Mais en attendant les résultats des études, « les personnes décédées de la peste ou soupçonnées d’être mortes de la peste ne peuvent pas encore être enterrées dans les caveaux familiaux tandis que leurs inhumations doivent respecter les consignes émanant du ministère de la Santé publique et du Bureau municipal d’hygiène ». La procédure encore en vigueur veut que les défunts soient immédiatement enlevés à leur famille, isolés dans des sacs en plastique, puis enterrés dans la fosse commune la plus proche.
Selon le ministre de la Santé, le refus des familles de livrer les corps de leurs proches, ainsi que leur insistance à poursuivre les pratiques funéraires traditionnelles sur les défunts constituent l’une des principales difficultés de la riposte.

Un comité de vigilance auprès des écoles
Après vingt jours de congé scolaire forcé pour cause de peste, le ministère de l’Education annonce enfin « le renouvellement et l’amélioration du protocole de prise en charge et de prévention de la peste en milieu scolaire ». Il se donne encore deux semaines supplémentaires pour former les responsables sanitaires auprès des établissements scolaires et pour sensibiliser les écoles aux mesures de prévention, et les classes devraient enfin pouvoir reprendre normalement.
L’idée est donc de permettre aux élèves de poursuivre les cours bien que l’épidémie ne soit pas encore maîtrisée. Pour assurer une rentrée sécurisée, le ministère de l’Education nationale préconise alors qu’un comité de vigilance soit créé au niveau de chaque établissement où devrait également être mis en place une salle d’isolement équipée de matériels de premiers soins en cas de suspicion de peste. Les responsables de santé scolaire seront par ailleurs formés aux différentes mesures à prendre si des cas suspects de peste se présentent auprès des établissements.
Surpris par l’épidémie, le ministère de l’Education nationale n’a pu que décider le report de la rentrée scolaire dans les circonscriptions scolaires et zones d’administration pédagogique touchées par la peste. Les établissements scolaires qui ont commencé les cours en septembre ont aussi dû envoyer leurs élèves en « vacances ».
La décision avait initialement été prise le temps de permettre aux établissements de désinfecter leurs locaux. Mais comme la situation épidémiologique semblait empirer, le ministère a dû décider de prolonger les vacances dans les zones touchées, pour finalement décider de rouvrir les écoles, la situation tardant à s’améliorer.

Iloniaina Alain

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