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Incarcération de Claudine Razaimamonjy : Et après?

Un possible effet boule de neiges en vue. La décision de la commission médicale spéciale, décidant de l’absence de nécessité d’hospitalisation de Claudine Razaimamonjy après l’expiration des 45 jours prévus par les textes pourrait provoquer une avalanche de scénarios.

La première conséquence de la décision de ladite commission est le transfert de Claudine Razaimamonjy proche du clan présidentiel dans un lieu de détention. Selon le directeur d’établissement de l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA), ce sont les responsables de la maison centrale d’Antanimora qui l’ont amenée en prison, lundi soir.

Mais l’initiative ouvre aussi la voie à la poursuite de la procédure engagée contre celle qui est inculpée de faits de corruption, à savoir de favoritisme dans l’attribution de marchés publics, d’abus de fonction et de blanchiment d’argent dans l’attribution des marchés publics, de blanchiment d’argent. La Chaîne pénale anti-corruption pourra, entre autres, mener une enquête au fond sur ce dossier.

Claudine Razaimamonjy avait été placée en détention préventive par le juge d’instruction après la poursuite engagée par le Procureur de la Chaîne pénale à la suite  sa première audition le 7 avril. Mais l’hospitalisation de la femme d’affaires, suivie de son évacuation sanitaire à Maurice, puis son retour à l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona ont ralenti la procédure judiciaire qui a été engagée contre elle.

La décision de la Commission médicale spéciale ouvre également la possibilité de l’examen d’autres dossiers impliquant la femme d’affaires. Le Bureau indépendant de lutte contre la corruption (Bianco), à l’origine de la poursuite, avait indiqué que quatre autres dossiers attendent encore Claudine Razaimamonjy. Pour l’heure, seuls deux dossiers sont bouclés et sont transmis auprès de la Chaîne pénale anti-corruption.

Le Premier ministre se montre discret

Le dossier impliquant Claudine Razaimamonjy concerne l’attribution des marchés publics grâce à des subventions exceptionnelles octroyées par le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation. Plusieurs questions restent en suspens, comme par exemple,  celles relatives aux textes concernant la procédure, et surtout les critères et les modalités d’attribution des subventions exceptionnelles à la suite d’une demande déposée par les communes.

Le Premier ministre Olivier Mahafaly, également ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, se montre discret sur la question relative aux subventions exceptionnelles. Il a occulté de soulever la question devant les députés lors de la séance du rapport d’activités du gouvernement à l’Assemblée nationale le 31 mai. Mais l’incarcération de Claudine Razaimamonjy ainsi que la poursuite possible de son audition devrait mettre la lumière sur la part de responsabilité de tous ceux qui sont impliqués dans la chaîne, depuis la prise de décision d’octroi de la subvention jusqu’au déblocage des fonds, en passant par les différentes phases de contrôles et de réalisation des travaux indiqués.

Les six semaines après l’interpellation de la femme d’affaires provoquent, par ailleurs, une autre affaire dans la principale affaire. Les différentes interventions des responsables étatiques à différents niveaux, depuis son interpellation, jusqu’à son retour à l’hôpital après son séjour mauricien, en passant par son séjour à l’HJRA et son évacuation sanitaire, dénoncée, entre autres, par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), ouvrent la possibilité de plaintes pour abus de fonction et trafic d’influences.

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