20180908_161950

CAN 2019 – Pourquoi les Bareas ont une chance de se qualifier aux huitièmes de finale

Un tirage qui laisse plutôt de l’espoir pour la 32e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Egypte du 21 Juin au 19 Juillet. Les Bareas de Madagascar, tirés par la star sénégalaise El Hadji Diouf, seront dans la poule B avec le Nigeria, la Guinée et le Burundi. Le verdict est tombé lors de la cérémonie effectuée aux pieds de la pyramide de Gizeh, vendredi soir. Les verrous de la porte des huitièmes de finale ne sont pas aussi fortes que cela pour la Grande île.

Un groupe a priori abordable

Les Bareas s’en tirent bien car ils auraient pu tomber dans des groupes plus costauds. Placés dans le chapeau 3, ils se mesureront à l’ogre nigérian, aux valeureux Guinéens et à des nouveaux de la classe comme eux, les Burundais. Du coup, ils évitent le Sénégal et l’Algérie (groupe C), le Cameroun et le Ghana (groupe F), le Maroc et la Côte d’Ivoire (groupe D) ou encore l’Egypte et la RD Congo (groupe A). Et la nouvelle formule de la CAN, avec une participation élargie, passant de 16 à 24, donne encore une chance aux quatre meilleurs troisièmes de se qualifier pour les huitièmes de finale.

Tirage_CAF

Une « finale » d’entrée

Pour son entrée dans la compétition, les Bareas auraient pu rencontrer la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Algérie ou encore la RD Congo. Mais ils auront en face d’eux le Syli national, considéré comme un outsider, mais qui n’est pourtant pas négligeable, le 22 Juin à Alexandrie. Sur le papier, Madagascar devrait disputer la 2e place avec les Guinéens, ou au pire des cas, limiter la casse afin de préserver ses chances pour être classé parmi les quatre meilleurs troisièmes. Un bon résultat à ce premier match dans une phase finale d’une CAN conditionnera la suite de la compétition pour les Bareas.

Lire aussi :  FOOTBALL-CAN Les Barea continuent leur route

A priori, le rapport de force ne plaide pas en faveur des Bareas. Le dernier classement de la Fifa en avril place les Guinéens dans une position plus avantageuse. Ces derniers se trouvent à la 68e rang mondial et à la 12e place en Afrique tandis que Madagascar est respectivement classé 107e et 24e.

Composée de joueurs, dont la plupart jouent en Europe, la Guinée dispose de plus d’arguments à faire valoir, avec comme figure de proue Naby Keita, sociétaire de Liverpool FC, ou encore le virevoltant François Kamano des Girondins de Bordeaux. Et les résultats du Syli national durant la campagne de qualification devront également faire réfléchir l’équipe nationale malgache. Avec trois victoires et trois nuls, il termine en tête de son groupe, devant les Eléphants de la Côte d’Ivoire, qu’il a battus 3 à 2 au match retour après un nul de un partout à l’aller.

Un match entre novices

Avec le Burundi, placé dans le chapeau 4 du tirage, les Bareas figurent parmi les « petits poucets » de la compétition pour leur première participation à une phase finale d’une CAN. Ils devront ainsi jouer sans complexe face à un adversaire, théoriquement moins fort qu’eux et largement à leur portée, le 27 Juin, toujours à Alexandrie. Niveau classement, les Hirondelles sont moins fortes que le Syli national. Il se trouve à la 136e rang mondial selon le récent classement Fifa. Sur le continent il se trouve à la 37e place, loin du classement de Madagascar.

Les Bareas devront toutefois se méfier de son adversaire. Le Burundi s’est qualifié in extremis lors de la dernière journée des éliminatoires, éliminant quand même le Gabon d’Eymerick Aubameyang. Il s’est classé deuxième de son groupe avec deux victoires et quatre nuls, derrière le Mali. Les Hirondelles sont composées de joueurs, qui jouent essentiellement en Afrique, mais avec des individualités marquantes comme celle de Saido Berahino de Stocke City, en Angleterre.

Lire aussi :  Football : Faneva Ima au chevet des sélections nationales

Le Nigeria en apothéose

Les Bareas termineront leurs matchs de poule face aux Supers Eagles du Nigeria le 30 Juin, toujours à Alexandrie. Ils peuvent ainsi se permettre de « gérer » ce match face au favori du groupe, en fonction de ses précédentes performances. Le revers de la médaille est que, parallèlement, son supposé principal adversaire, le Syli national, pourrait faire le plein face aux Burundais.

Le Nigeria figure parmi les grandes nations du football africain. Il se trouve au 42e rang mondial et troisième en Afrique, derrière le Sénégal et la Tunisie. Absent lors des dernières CAN, le Nigeria remonte la pente en disputant la dernière Coupe du monde en Russie. Les Bareas partent ainsi en challenger face aux Super Eagles, rompus aux joutes continentales, qui viendront en Egypte avec un mélange de joueurs expérimentés comme Jon Mikel Obi et Victor Moses et d’étoiles montantes à l’instar d’Alex Iwobi d’Arsenal et de Kenechi Iheanacho de Leicester City, voire d’Ahmed Musa du CSKA Moscou mais également pleins de joueurs issus des clubs de premier plan en Europe.

Les Bareas devront toutefois avoir en tête les caractéristiques des Super Eagles, tantôt nonchalants, tantôt capables d’une grande performance. Leurs résultats en dents de scie en atteste, pour ne parler que de leur campagne de qualification, pas brillantissime. Avec 13 points et une défaite à la clé, le Nigeria a terminé en tête de leur groupe, pourtant moins fort, devant l’Afrique du Sud, la Libye et les Seychelles.

Lire aussi :  FOOTBALL-ELIMINATOIRES CAN 2019 – Les Malgaches contents, les Sénégalais pestent

Facteur X

Les Bareas peuvent ainsi nourrir d’espoir pour, non seulement bien figurer à la phase de poule, mais également pour prétendre à la qualification, mais à condition de mettre tous les atouts de leur côté. L’on ne sait pas l’impact de l’incertitude autour de l’organisation de l’élection des membres de la Fédération malgache de football ( FMF) sur l’état de la préparation. Le Comité de normalisation avait obtenu des ligues le report de l’élection lors d’une assemblée générale extraordinaire alors que l’échéance fixée par la FIFA pour elle expirera le 12 Mai.

Côté sportif, l’on attend le bouclage du budget « CAN 2019 ». Béatrice Atallah, présidente du Comité de normalisation, l’avait promis juste après le tirage au sort. Elle avait indiqué une rencontre avec le président de la République pour connaître l’engagement de l’État pour cette campagne africaine des Bareas.

Toujours est-il qu’un programme est déjà avancé pour la préparation. Il y aura un regroupement en Europe, avec un match contre le Luxembourg et un autre en France. Un match amical avait été prévu contre le Kenya, mais, apparemment, le rendez-vous est remis sur le tapis.

Un autre regroupement est prévu à Antananarivo. Le Comité de normalisation avait émis le souhait de voir l’organisation d’un match amical au cours de la préparation des Bareas sur le sol malgache mais aucune confirmation n’est encore venue sur ce point. Un ultime stage d’une semaine est programmé au Maroc avant que l’équipe nationale malgache rejoigne l’Egypte.

Les Bareas devraient éviter la déconcentration comme face au Soudan lors des éliminatoires de la CAN au mois de novembre 2018. Déjà qualifiés avant les deux dernières journées, ils étaient en roue libre avec une défaite 1 à 3 face aux Soudanais, pourtant derniers du groupe.