Rajaonarimampianina, ici à Ambato Boeny, confiant et serein à la veille du verdict de la HCC

Rajaonarimampianina se dit « confiant » à la veille du verdict de la HCC sur une requête en déchéance

Hery Rajaonarimampianina s’exprime à la veille de la publication par la Haute cour constitutionnelle de son verdict sur la requête aux fins de déchéances du chef de l’Etat. Dans une interview accordée à Paris Match et publiée sur le site du magazine le 24 mai, le président de la République se montre aussi confiant que serein. « Confiant » parce qu’il croit en la justesse de ses arguments de défense et au sens des responsabilités de la HCC. Serein parce qu’il assure n’avoir fait aucune faute. Les messages forts relevés par Les Décrypteurs.

« La requête de l’opposition devrait être irrecevable, ses motifs sont infondés »

Sous le coup d’une requête en déchéance déposée par les députés de l’opposition, Hery Rajaonarimampianina se dit « confiant ». Une confiance qu’il tire aussi bien des arguments de défense qu’il a présentés que de ce qu’il dit être le sens de la responsabilité de la Haute cour constitutionnelle. « Sur le plan purement juridique, il ne devrait y avoir rien à craindre car les motifs sont infondés », a-t-il déclaré. Sans vouloir se substituer à la Cour constitutionnelle, il n’en espère pas moins que celle-ci juge « la requête irrecevable »

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« Le processus électoral devrait être inclusif »

Interrogé sur la candidature de ses deux principaux rivaux à la prochaine élection présidentielle, Hery Rajaonarimampianina affirme n’avoir « à aucun moment dit que telle ou telle personne ne devait se présenter ». « Au contraire », s’est-il exclamé. Invitant son intervieweur à revoir tous ses discours, il assure avoir toujours affirmé « que tout le monde se présente ». A l’entendre, l’exigence du bulletin n°2 ne visait personne et encore moins Marc Ravalomanana. C’est juste « le bulletin le plus complet » pour retracer l’historique judiciaire, rappelle celui qui, dans le 50ème Rendez-vous de son vlog sur Youtube, a encouragé les acteurs politiques et civils « à refuser catégoriquement la candidature des impunis aux prochaines élections ».

« Il n’y a pas eu de répression le 21 avril »

Pour ce qui est des affrontements du 21 avril entre les forces de l’ordre et les manifestants et qui a fait deux morts, Hery Rajaonarimampianina a rappelé que « l’origine d’un des deux décès ne vient pas des forces armées ». S’il a sous-entendu que du côté de l’opposition « il y avait une volonté de créer un bain de sang », il a martelé que du côté des autorités, « les militaires n’ont JAMAIS, JAMAIS reçu aucune instruction de tirer ». A entendre le chef de l’Etat qui, ce 21 avril-là, était à l’étranger, « il n’y a pas eu de répression ». « Les forces armées étaient là pour encadrer les manifestations du 21 avril », a-t-il poursuivi. Les manifestations du 21 avril sur le parvis de l’hôtel de ville, que le chef de l’Etat a qualifiées de « coup d’Etat », n’ont pas été autorisées par le préfet, et les manifestants ont été éparpillés à coup de grenades lacrymogènes, avant de réussir à franchir les barrages des forces de l’ordre.

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« Les corrupteurs étaient ceux qui m’accusent aujourd’hui de corruption »

Evoquant la vidéo montrant « des députés dans une chambre se donnant de l’argent », Hery Rajaonarimampianina rappelle les accusations qu’il avait lancées en 2015, à l’époque où une procédure de destitution était lancée contre lui. « Les corrupteurs étaient ceux qui m’accusent de corruption aujourd’hui », explique-t-il dans l’interview. A l’en croire, la vidéo date donc de 2015 – et pas de 2016 comme l’ont soutenu les députés de son camp -, et qu’il s’agit bien d’une distribution d’argent de la corruption – et pas d’une distribution d’argent pour le carburant comme l’ont ensuite dit certains députés vus et entendus dans la vidéo.

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Et aucun indice sur une candidature ou pas …

Comme à chaque fois qu’il est questionné sur sa candidature ou pas à la prochaine présidentielle, Hery Rajaonarimampianina botte en touche et relance sur un autre sujet. « Je dis toujours que jusqu’à présent, le plus important est de travailler pour la population et le développement », a-t-il souligné. S’il affirme que « les élections sont importantes », il martèle que pour l’instant, il « pense au travail d’abord ». Mais s’il devait être candidat, il s’est déjà résigné à démissionner parce que « la Constitution demande à un président en exercice de démissionner deux mois avant le scrutin ».

Photo : Présidence de la République