Les Nations Unies prêtes à soutenir les efforts de dialogues inter-malgaches

Appel quasi-unanime de la Communauté internationale au dialogue

Multipliant les communiqués de condamnation des affrontements du samedi 21 avril qui ont fait deux morts et une quinzaine de blessés, la communauté internationale appelle les protagonistes à discuter pour trouver une solution au conflit qui se dessine dans le paysage politique du pays.

Le rôle pivot de la Grande île dans l’océan Indien mis en avant par la COI

Une situation politique calme à Madagascar est importante pour la Commission de l’océan Indien (COI) « parce que la Grande île est le pivot de la stabilité, de la croissance et du développement de toute l’Indianocéanie », rappelle la COI dans un communiqué. Pour cette organisation régionale, la vie démocratique devrait donc s’exercer à Madagascar dans des conditions lui permettant de s’acheminer en toute tranquillité vers les élections présidentielles prévues en fin d’année. Et cela passe par le dialogue qui, selon la COI, n’est possible que si les acteurs politiques et institutionnels font preuve de retenue.

23 avril 2018 – Communiqué Madagascar

« Ne pas replonger dans la crise », avertit l’Union africaine

Ne surtout pas revenir en arrière. Sur son profil Facebook, Hawa Ahmed Youssouf, représentante spéciale du président de la Commission de l’Union africaine à Madagascar avertit que « Madagascar n’a pas besoin de replonger dans une situation difficile à quelques mois des élections ». Pour que la crise ne revienne pas sur la Grande île, « l’Union africaine encourage les autorités nationales et les leaders des partis politiques au dialogue », et « appelle au calme, à la sérénité, à la retenue et à la responsabilité de toutes les parties prenantes malgaches ».

L’OIF appelle au respect des institutions

Le tweet de sympathie de Michaëlle Jean à l’endroit des Malgaches après les événements du 21 avril est sans doute le seul à ne pas inviter les acteurs politiques à discuter pour trouver une issue à la situation politique actuelle. La secrétaire générale d’e l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), « appelle (plutôt) les acteurs politiques au calme, à la retenue, et au respect des institutions dans l’intérêt supérieur de la Nation ».

Offre de soutien de la part des Nations Unies

Partenaires du processus consultatif de l’élaboration des avant-projets de lois électorales, le système des Nations Unies se dit encore prêt à soutenir les acteurs politiques malgaches dans la recherche de solution à la situation actuelle. « Les Nations Unies et ses partenaires se sont engagés pour les soutenir dans cet effort de privilégier le dialogue pour résoudre les désaccords », écrit le SNU dans son communiqué. Pour le SNU, le dialogue est primordial pour préserver « les acquis qui ont été enregistrés depuis ces quatre ans et demi en vue de rétablir l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme ».

Une seule voix pour les Européens

Les Etats membres de l’Union européenne représentés à Madagascar ont communiqué d’une seule voix pour réagir aux événements du samedi 21 avril. Dans une déclaration commune, l’ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar et ceux de l’Allemagne, de la France et du Royaume Uni, « déplorent l’utilisation de la violence » et « appellent tous les acteurs politiques à privilégier le dialogue ». Les textes électoraux constituant la principale pomme de discorde entre les acteurs, l’Union européenne réitère dans son communiqué « sa position de principe en faveur d’élections présidentielles crédibles, transparentes et inclusives en 2018 ».

Les Etats-Unis pour des élections inclusives

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’ambassade des Etats-Unis ne se contente pas d’inviter les parties « à s’engager dans la voie du dialogue à l’avenir ». Elle suggère que les discussions amènent à des résolutions permettant « la tenue d’élections libres, justes et inclusives cette année ». Car c’est, estime-t-elle, « la meilleure manière d’assurer la stabilité dont Madagascar a besoin pour renforcer sa démocratie, développer son économie et sauvegarder les droits de tous ses citoyens ».