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CAN 2019 – Les Bareas filent vers les huitièmes de finale

Les Bareas continuent leur bonhomme de chemin à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en battant par un but à zéro les Hirondelles burundais, à Alexandrie lors de la deuxième journée du groupe B

C’était le match à gagner, et au pire des cas, à ne pas perdre. Les Barea, qui jouent leur qualification pour les huitièmes de finale de sa première Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Egypte, avaient eu ce coup de pouce du hasard du calendrier favorable pour se faire une place au soleil : un match contre un « petit poucet », une équipe qui joue sa première CAN comme eux, jeudi à Alexandrie.

Après le résultat encourageant du premier match contre la Guinée, les Bareas ont été incités à « jouer libérés » selon son entraîneur, Nicolas Dupuis. Pour ce faire, il reconduit les onze titulaires du premier match contre la Guinée, histoire d’affiner l’automatisme des joueurs.

Malgré la consigne, les premières minutes, le match a démarré avec un festival de longs ballons long et de pertes de balle. La « bataille du milieu » fait rage et les deux camps s’évertuent à tuer dans l’œuf les velléités offensives des attaquants de son adversaire. Dans cette pénombre, les joueurs de l’aile malgaches émergent peu à peu.

Dans son couloir gauche, Jérôme Mombris trouve une première fois son capitaine, Faneva Andriantsima. A la dixième minute, Nicolas Dupuis demande à son bloc de monter davantage. Lalaina Nomenjanahary, alias Bôlida, et Carolus Andriamahitsinoro décrochent beaucoup pour toucher des ballons. Les joueurs des Barea remportent peu à peu cette bataille au cœur du jeu. Ils pêchent pourtant dans l’utilisation du cuir.

Le premier frisson du match viendra d’un coup de pied arrêté. Sur un coup franc, Carolus Andriamahitsinoro trouve le cadre. Dans le jeu, Jérôme Mombris et Romain Métanire investissent davantage leur couloir respectif avec d’incessantes montées, contrairement au match contre la Guinée, quelques jours plus tôt. Le jeu penche à gauche, la connexion Carolus Andriamahitsinoro et Jérôme Mombris fonctionne à plein régime.

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Durant les premières vingt minutes, les Barea confisquent clairement le cuir. Les joueurs essaient de le faire vivre surtout grâce à l’apport des latéraux. D’ailleurs, la première opportunité de l’équipe malgache, viendra d’un débordement, puis d’un magnifique centre au cordeau de Romain Métanire. Faneva Andriantsima rate le ballon, repoussé par Jonathan Nahimana, le portier burundais, qui, dans la foulée, arrête la frappe de Carolus Andriamahitsinoro (17e). A l’autre bout du terrain, la charnière centrale Thomas Fontaine-Bapasy musèle bien l’attaquant vedette burundaise, Saido Berahino.

Les Barea tentent de contrôler le match sans arriver à fructifier leur domination. Les centres commencent à pleuvoir mais, Faneva Andriantsima, mieux servi que la dernière fois, n’arrive pas à conclure les actions. Le capitaine des Bareas, lancé par son milieu, n’a pas pu se défaire du marquage burundais et s’écroule dans la surface de réparation, réclamant un penalty. A vitesse réelle, la tentation de dire « oui » est bien là. Mais les images montrent pourtant un contrôle moins réussi de l’attaquant, permettant à son vis-à-vis de s’engouffrer dans la brèche pour annihiler l’attaque ( 27e). Servi une fois de plus par Romain Metanire, Faneva Andriantsima était un peu court pour reprendre (32e). Les occasions se multiplient pour les Bareas, comme c’est le cas de la tête de Carolus Andriamahitsinoro, seul au point de penalty, mais stoppé par un défenseur sur la ligne (42e). Le frisson vient ensuite d’une frappe « à la Pavard » du latéral droit malgache (43e). Malheureusement, le ballon fuit le cadre.

A la mi-temps, les Bareas « mènent » par sept tirs contre un, sans arriver à convertir ses multiples occasions. Ils quittent le rectangle sur un goût d’inachevé, reflétant, dans une certaine mesure, quelques déchets techniques, ou de manque d’un brin de réussite, ou de lucidité.

Un but contre le cours du jeu

C’est à ce moment-là que Nicolas Dupuis tente un coaching qui a surpris plus d’un. A la mi-temps, il sort Carolus Andriamahitsinoro, au profit de Voavy Paulin (51e) pour dynamiter le jeu des Barea sans que cela apporte un changement notable dans le jeu. La ligne du milieu est sautée, du côté des Barea, pour pouvoir trouver Faneva Andriantsima.

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L’apport des latéraux, Romain Métanire et Jérôme Mombris, est toujours précieux. A l’heure de jeu, Ibrahim Amada sort à son tour pour faire place à Njiva Rakotoharimalala, censé apporter de la créativité et mieux conserver le ballon. Il s’intercale au milieu de terrain pour mieux faire le lien entre le milieu et les ailiers. Paradoxalement, le remplacement censé redonner du peps au jeu des Barea fait baisser le régime de l’équipe.

Les Hirondelles ne produisent pas non plus du jeu. Et le festival de pertes de balle et les passes approximatives s’installe, débouchant sur un faux-rythme du match. Les Burundais lancent ensuite leurs dernières cartouches en effectuant trois remplacements, sacrifiant même Saido Berahino. Peu à peu, les Burundais prennent l’ascendant. Duhayindavi place un centre précis pour Fiston qui n’arrive pas à marquer (63e). Adrien Melvin, le portier malgache sera sollicité également à la 66e. Auteur d’un grand match, le gardien de Martigues FC détourne un coup-franc cadré de Bigirimana.

Les Burundais abordent mieux le dernier quart d’heure. Les Hirondelles profitent des quelques erreurs de relance des défenseurs malgaches. Les Barea perdent un nombre incalculable de ballons. Face à la vague burundaise, Nicolas Dupuis tente un dernier changement pour reprendre le coeur du jeu. Il sort Bôlida, auteur d’un match solide, mais un peu cuit à l’orée de la ligne droite du match, lance Rayan Raveloson à la 73e minute.

Heureusement pour les Bareas, la lumière viendra d’un exploit personnel au moment où ils subissent le plus le match. Suite à une infiltration de Voavy Paulin, Madagascar obtient un coup-franc dangereux aux abords de la surface des Hirondelles.

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Après la sortie de Carolus Andriamahitsinoro, Marco Ilaimahiratra se charge de tirer le coup-franc. Bien lui en a pris. Le joueur de Charleroi, élu homme du match, exécute magnifiquement le coup-franc. Il trouve la lucarne de Jonathan Nahimana, battu pour la première fois, sur une belle frappe avec un ballon flottant et puissant (74e).

Les Barea ont fait le plus dur. L’équipe nationale malgache a marqué un but durant le temps fort de son adversaire. De l’autre coté, Adrien Melvin continue à surnager en arrêtant un tir adverse (79e).

Censé être le fer de lance de l’attaque malgache, Faneva Andriantsima, vendange quelques ballons intéressants à exploiter, à l’image d’une passe de Voavy Paulin, mais mal négociée, en ratant ses dribbles (83e).

Mais pour cette fin de match, Marco Ilaimaharitra sera le facteur X. Il se charge du coup franc à la suite d’une faute sur Voavy Paulin. Cette fois-ci, Jonathan Nahimana, vigilant, retient la leçon en restant concentré pour repousser la frappe du joueur formé à Sochaux FC (87e).

La dernière occasion sera burundaise. La tête de Nduwarugira s’échappe du cadre d’Adrien Melvin qui garde son cage inviolé suite à un corner (89e). Les Barea préservent leur avantage qui leur offre trois précieux points face à un adversaire qui n’a rien d’une foudre de guerre.

De ce match du 27 Juin, on retiendra la victoire. On ne va pas faire la fine bouche même si Nicolas Dupuis a encore du pain sur la planche pour régler la mire. Et ce, d’autant plus qu’à partir de maintenant, une autre compétition commence pour les Bareas. Ils peuvent légitimement penser à s’étalonner à des équipes plus fringantes, à commencer par le match du 30 Juin face au Super Eagles du Nigéria d’Odion Ighalo, en attendant les huitièmes de finale, presque dans la poche