Mgr Odon Razanakolona interpelle l'Etat.

Attaque meurtrière à Mahitsy : L’Eglise catholique va porter plainte

La coupe est pleine. Les responsables du diocèse d’Antananarivo sont sortis de leur silence après l’attaque meurtrière qui a coûté la vie d’un prêtre à Mahitsy le samedi 9 février. Ils annoncent que l’Eglise va porter plainte après ce décès consécutif à un acte de banditisme. « C’est un acte prémédité et qualifié d’homicide volontaire », a souligné Mgr Ludovic Rabenantoandro, vicaire général du diocèse d’Antananarivo face à la presse ce lundi 18 février.

Le samedi 9 février, en début de soirée, une horde de bandits armés avait semé la terreur dans cette localité située à 27 kilomètres d’Antananarivo. Un opérateur économique de cette localité était la cible de l’attaque. L’homme, ayant reçu une balle dans le dos, n’a pas survécu à ses blessures.

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Le jeune prêtre, Nicolas Ratodisoa, se trouvait au mauvais endroit lors de cette attaque meurtrière.  Alors qu’il allait rejoindre le presbytère de Mahitsy après avoir rendu visite à un malade, il a croisé sur le chemin du retour les bandits. Ces derniers lui ont demandé de l’argent. L’homme d’Eglise n’en ayant pas dans son sac était prié de descendre de sa moto. « Ils lui ont tiré dessus. Le père Nicolas a reçu une balle dans le dos. Tombé à terre, il a été piétiné par la suite. Les objets qui se trouvaient dans son sac étaient jetés par terre. Les bandits ont encore tiré sur lui », raconte le numéro 2 du diocèse d’Antananarivo.  Le père Nicolas Ratodisoa a succombé à ses blessures le 15 février.

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Ce n’est pas la première fois que des religieux sont victimes d’attaque. En avril 2017, un prêtre a été abattu par des hommes armés à Ambendrana Antsohihy. Un jeune diacre de vingt-six ans  a reçu une balle lors de cette attaque meurtrière contre les Capucins. A Antsirabe, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2017, les bandits ont fait parler d’eux au couvent des Sœurs de Notre-Dame-de-la-Salette à Antsahatanteraka Antsirabe. Deux autres cas ont été signalés le même mois à Mandritsara et Toliara.

« Nous interpellons l’Etat à prendre ses responsabilités. La population malgache est maintenant victime d’une insécurité grandissante. Je réitère ici l’appel lancé par la conférence des evêques malgache en 2017 », conclut Mgr Odon Razanakolona, archevêque d’Antananarivo

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