hausse carburants 15 juin

Hausse de 50 ariary sur les prix des carburants

Les prix des carburants ont augmenté de 50 ariary dans la nuit du 14 au 15 juin. De 4 000 ariary, le supercarburant est actuellement à 4 050 ariary le litre, tandis que le gasoil est passé de 3 350 ariary à 3 400 ariary. Le pétrole lampant, lui, est passé de 2 430 ariary à 2480 ariary

Un accord en ce sens a été conclu entre l’Etat et les compagnies de distribution pétrolière il y a quelques semaines. La hausse intervient habituellement en début de mois, mais ce mois-ci, l’Etat s’est donné quelques jours pour préparer l’opinion.

Selon l’accord, la hausse devait avoir lieu au plus tard le 15 juin, ce qui a donc été fait. Jeudi 14 juin, l’office malgache des hydrocarbures (OMH) avait organisé un point de presse pour préciser, entre autres, que le gap à combler dû aux pétroliers s’élève en juin à 45 milliards d’ariary, tandis que le prix du gasoil affiché à la pompe est de 370 ariary moins cher que le prix réel.

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Compte tenu de la situation de crise politique traversée par le pays, les autorités ont déjà gelé les prix en mai alors que depuis mars, une augmentation progressive de l’ordre de 90 ariary par litre avait été annoncée, autant pour aligner les prix à la pompe aux prix réels à l’international que pour rattraper les gaps dus aux pétroliers en raison du gel des prix depuis décembre 2017.

Après avoir augmenté de 90 ariary par litre en mars 2018, les prix n’ont plus augmenté que de 70 ariary par litre en avril après une intervention du Premier ministre de l’époque, Olivier Mahafaly. Une hausse de 90 ariary par litre avait été enregistrée dans la nuit du 31 mars au 1er avril, mais les pompes ont affiché une baisse aux anciens prix 24 heures plus tard. Après négociations entre le gouvernement et les pétroliers, les tarifs ont à nouveau changé une semaine plus tard, mais l’augmentation n’était plus que de 70 ariary par litre.

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Fin avril, le cumul des arriérés dus aux pétroliers en raison du maintien des prix à la pompe a, par ailleurs, déjà, atteint près de 40 milliards d’ariary. Le prix à la pompe était également d’environ 300 ariary moins cher que le prix de référence calculé. Avec les engagements qui s’accumulent, le rattrapage des engagements envers les pétroliers devraient n’être terminé qu’en 2019 alors que les accords avec le Fonds monétaire international (FMI) prévoyaient que tous ces arriérés soient réglés d’ici à la fin de l’année.

Depuis le début de la crise politique, les autorités évitent de prendre les mesures qui pourraient aggraver la situation dans un climat social déjà tendu. C’est ainsi qu’elles ont évité d’augmenter les prix des carburants en début mai alors qu’en avril, une hausse mensuelle de 70 ariary avait été convenue avec les pétroliers. Elles ont même pris certaines décisions à l’avance pour faire un clin d’œil à la population. Les salaires des fonctionnaires, par exemple, ont été augmentées de 8% dès mai 2018 alors que la hausse, selon les prévisions initiales, n’était prévue qu’en juillet 2018. Le chef de l’Etat avait planifié de faire l’annonce traditionnelle de hausse des salaires le 26 juin. Cette décision avait coûté à l’Etat une hausse de près 15 milliards d’ariary sur l’enveloppe de la masse salariale déjà insuffisante dans la Loi de finances initiale de 2018.

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Reportage : Donas Hanitriniony

Edition : Iloniaina Alain