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L’opposition requiert la déchéance d’une quinzaine de députés devant la HCC

Les députés de l’opposition accentuent la pression sur le régime et sur les députés qui le soutiennent. Les parlementaires élus sous les couleurs du Miaraka amin’i Prezidà Rajoelina (Mapar) et celle du Tiako i Madagasikara (TIM) ont déposé des requêtes aux fins de déchéance de plusieurs députés à la Haute  cour constitutionnelle (HCC) mardi  à la mi-journée.

Quatorze députés issus du Mapar, selon les initiateurs de la requête, (treize selon la liste publiée par la HCC), et  deux issus du Tim sont visés par la procédure. Il s’agit, entre autres, de Kathy, de Vololona Raherisoa, de Jean Nicolas Randrianasolo, de Nasser Ahmed, de Razahatondraha ou encore d’Abel Razafimahatratra. Pour le Tim, il s’agit de Benjamin Andriamitantsoa et de Guillaume Marie Ubald Ravahimanana.

A entendre les députés de l’opposition, il s’agit d’une première vague de requêtes individuelles  « mais il y en aura d’autres », selon Lalao Rahantanirina. Le temps de « rassembler des preuves », précise Naivo Raholdina.

Jean Brunelle Razafintsiandraofa, président du groupe parlementaire Mapar indique que la démarche « n’a rien à voir avec la nomination du Premier ministre. « L’initiative est partie à la suite de la décision de la HCC qui tente de mettre tout le monde sur les rails de la légalité », explique-t-il. « Désormais, il faut que tout le monde respecte la loi (…) L’impunité ne nous mène nulle part et sème le discorde dans la société. Il faut que tout cela cesse », argue le commissaire de police.

Bataille électorale

Dans sa décision du 25 mai, la HCC s’est dédit concernant l’interprétation du principe du mandat impératif édicté dans l’article 72  de la Constitution. Le Mapar et le Tim se sont cassés les dents lorsqu’ils avaient demandé la déchéance de certains élus sous leur bannière lors des législatives de 2013.

Le Mapar était le premier concerné avec la dissidence de certains parlementaires qui avaient formé les groupes parlementaires Mapar II et III, en faveur du régime. Le Tim et le Malagasy miara-miainga (MMM) ne sont pas non plus épargné par le nomadisme politique de certains élus, basculant le rapport des forces à l’Assemblée nationale.

Les requêtes aux fins de déchéance déposées à l’encontre de certains députés risquent de peser dans la balance dans le bras de fer entre l’opposition et le pouvoir. Pour l’instant, le coup est psychologique autour de cette notion « majorité », au-delà d’un règlement de compte politique. La surenchère tourne autour du clan qui dispose de la majorité à la chambre basse, habilitée à désigner le Premier ministre, même si la démarche est en retard par rapport au calendrier fixé par la HCC.

Mais les conséquences des requêtes pourraient être beaucoup plus profondes. Il s’agit, entre autres, de la possibilité de disposer du plus grands nombre d’élus en vue de la batailles électorale, pour la présidentielle, mais également pour les législatives. La HCC avait laissé entendre la possibilité de la tenue des législatives durant le premier trimestre de l’année 2019 dans l’un de ses avis.