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Les prix à la pompe inchangés au matin du 1er mai

Les stations-services n’ont pas changé les prix à la pompe ce matin du 1er mai. Alors que les changements se font habituellement à minuit au début du mois lorsqu’il y en a, les prix sont restés les mêmes au soir du 30 avril et au matin du 1er mai. Malgré les annonces de hausse progressive des prix des carburants faites en mars et en avril, le tarif affiché est toujours de 4000 ariary pour le supercarburant et de 3350 ariary pour le gasoil.

Après la hausse des salaires des fonctionnaires, annoncée à la veille du 1er mai, le gouvernement décide de ne pas procéder à la hausse des prix des carburants, ou du moins de ne pas le faire en plein jour férié comme cela a été le cas en avril.

Selon une décision prise en mars 2016 relative à l’application de la vérité des prix, les prix des carburants devaient varier tous les mois en fonction des calculs d’un prix de référence effectués par une commission mise en place auprès de l’Office malgache des hydrocarbures. Afin de réduire les trop grandes variations à la hausse ou à la baisse sur chaque mois, le gouvernement avait mis en place un système de lissage qui permettait de rattraper les différences lorsque les prix à la pompe étaient trop éloignés des prix de référence. Il est pourtant arrivé que, en raison d’un tollé de l’opinion face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement bloque une hausse des prix.

Après avoir bloqué les prix à la pompe en janvier et en février 2018, l’Etat devait pourtant procéder à une hausse progressive jusqu’en juin pour que la vérité des prix soit atteinte. A en croire le ministre chargé des Hydrocarbures, Lantoniaina Rasoloelison, un gap de 700 ariary par litre devrait être comblé pour que d’une part les prix à la pompe s’alignent sur les prix internationaux, et pour que d’autre part, les pertes subies par les pétroliers suite au blocage des prix sur deux mois soient remboursées. Selon les derniers chiffres officiels, ces gaps étaient de près de 40 milliards d’ariary en avril.

Conjoncture politique étant, la décision a pourtant du mal à être appliquée. Le 1er avril, en plein week-end pascal, alors que les prix des carburants avaient augmenté respectivement de 90 ariary pour le supercaburant et le gasoil et de 40 ariary pour le pétrole lampant, le Premier ministre a décidé de faire baisser les prix. Il avait déclaré se préoccuper de l’intérêt de la population et avait demandé aux pétroliers de discuter de la structure des prix des carburants.

Les discussions sur la structure des prix des carburants devant encore attendre la finalisation de l’étude sur les états financiers des compagnies de distribution, les discussions se sont limitées à une révision du calendrier de remboursement des gaps. C’est ainsi qu’au lieu d’une hausse mensuelle de 90 ariary pour le supercarburant et le gasoil, et de 40 ariary pour le pétrole lampant, il devait être appliqué jusqu’en juin du moins, une augmentation de 70 ariary et de 30 ariary sur les prix des carburants. 

Un énième blocage des prix des carburants impliquerait une hausse des engagements de l’Etat envers les pétroliers et risquerait de remettre en cause le déblocage de la quatrième tranche des fonds liés au programme de Facilité élargie de crédit avec le FMI. Lors de la dernière mission d’évaluation du Fonds à Madagascar, les prix des carburants, aux côtés des subventions supplémentaires alloués à la Jirama et la hausse de l’enveloppe de la masse salariale, figuraient parmi les points soulevés comme pouvant compromettre le programme avec le FMI.

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