Hery Rajaonarimampianina veut arriver à bon port

Rajaonarimampianina veut garder le cap contre vents et marées

Le Président de la République continue sa contre-offensive face à l’assaut de l’opposition. Se présentant comme un chef de guerre, il affirme ne pas vouloir céder aux pressions. « En ma qualité de chef d’armée, je ne fuirai pas la bataille, je ne m’enfuirai pas. Je ferai face au peuple », a-t-il lancé lors de la cérémonie de pose de la première pierre des travaux d’extension du port de Toamasina, lundi, alors que les parlementaires de l’opposition s’organisent pour former un bloc dénommé « Députés pour le changement ».

Face aux voix qui s’élèvent pour réclamer son départ, le chef de l’Etat apporte une réponse claire. « Aussi fortes que soient les vagues, aussi forts que soient les vents, nous devons avancer, et notre objectif est d’arriver à bon port », soutient-il. « Le président a déjà fait la promesse qu’il dirigera l’armée pour combattre la pauvreté, pour combattre la corruption, pour combattre la violence et pour apporter le développement pour le pays », poursuit-il, en réplique aux critiques dont son régime fait l’objet.

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Pour aller jusqu’au bout de ses missions, Hery Rajaonarimampianina souhaite néanmoins un climat politique apaisé, libre de toute critique. « Pour cela, le pays a besoin d’apaisement. Et nous devons collaborer et nous donner la main pour apporter cet apaisement », a-t-il souhaité, invitant les médias à « diffuser des messages de réconciliation, d’amour et de  développement ».

Comme un signe de sa volonté d’apaiser la tension politique, le président de la République appelle à la cessation de la violence et entrouvre la porte du dialogue. Son discours se veut néanmoins ferme et il utilise volontiers le ton de celui qui n’entend pas céder aux pressions. « Le sang a assez coulé dans notre pays. Il faut que cela cesse. Il faut que les violences cessent », martèle-t-il, en ironisant que « pour certains, c’est pourtant le moyen d’accéder à la magistrature suprême », et insistant que « le chef de guerre » qu’il est « n’a jamais versé le sang et ne versera jamais le sang ».

Et alors que les appels au dialogue se multiplient, Hery Rajaonarimampianina invite les acteurs politiques à discuter pour trouver une solution, tout en  ne manquant pas d’indiquer avoir déjà agi dans ce sens. « Si vous souhaitez discuter, faites. Si vous voulez débattre, il y a de l’espace pour cela : l’expression est libre chez nous », poursuit-il, en soulignant qu’il a déjà « appelé au dialogue depuis 2016 ». Il a même glissé une pique à l’endroit de l’opposition en faisant part de son « étonnement » par rapport à la démarche de celle-ci. « Ne veut-on donc pas aller aux élections ? » s’est-il demandé.

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Dimanche, alors qu’il revenait d’un déplacement à l’étranger, Hery Rajaonarimampianina avait fustigé la manifestation organisée par les députés de l’opposition le 21 avril « pour rendre compte à la population » des événements à l’Assemblée nationale, notamment du vote des lois électorales, source de la tension. Il avait dénoncé une « apparence de coup d’Etat » derrière  l’initiative, initialement interdite par les autorités, et qui s’est soldée sur la mort de deux individus au cours des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Photo : Présidence de la République