Le préfet va jusqu'à annoncer des arrestations si les députés persistent dans leur démarche

Le préfet de police d’Antananarivo autorise les manifestations sur la Place du 13 mai

Revirement. Le préfet de police d’Antananarivo, le général Angelo Ravelonarivo, décide de ne plus interdire les manifestations sur le parvis de l’Hôtel de ville. A l’entendre, la seule réquisition qu’il lance ce lundi est une réquisition anti-pillage. « S’il y a d’autres réquisitions, empêchant l’entrée sur la Place du 13 mai, cela ne viendra pas de moi », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse ce lundi matin. A l’entendre, les éléments des forces de l’ordre actuellement déployés à Analakely devraient donc uniquement « encadrer (la manifestation) et surveiller les éventuels casseurs qui seraient tentés de piller les magasins ».

Pour le général Angelo Ravelonarivo qui avait d’abord interdit la manifestation du 21 avril durant laquelle les députés affirmaient vouloir effectuer un compte-rendu de leurs activités, le problème actuel est politique. « La solution doit être politique », a-t-il martelé. En attendant que les hommes politiques trouvent cette solution, il décide donc de laisser libres les manifestants. « C’est, je pense, le seul moyen d’éviter que le sang coule ». « Le sang a assez coulé dans notre pays, il faut que cela cesse », a-t-il ajouté.

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Malgré une position qui pourrait être perçue comme contraire à la déclaration faite dimanche soir par le chef de l’Etat, le préfet affirme ne pas vouloir démissionner. « La logique veut que je démissionne ou que le sois limogé mais je ne suis pas encore limogé, et je ne démissionnerai pas », a-t-il précisé. « Je n’ai pas démissionné par conscience professionnelle », a-t-il expliqué. « Comme je n’ai pas d’adjoint, à qui dois-je passer le pouvoir ? Dois-je laisser le sang couler en abandonnant mes responsabilités » ? s’est-il demandé. Il a également mis en avant son statut d’officier général pour justifier sa volonté à ne pas abandonner son poste.

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Le général Angelo Ravelonarivo affirme avoir adopté cette position depuis dimanche, au lendemain de la manifestation du 21 avril où deux personnes ont perdu la vie et où quinze autres se sont blessées. En plus des grenades lacrymogènes lancées pour disperser les manifestants, les forces de l’ordre auraient également usé des armes à feux durant les affrontements.

A l’en croire, son supérieur hiérarchique direct, le Premier ministre, également ministre de l’Intérieur, Olivier Mahafaly, lui aurait laissé carte blanche pour gérer les manifestations, dans la mesure où la sécurité relève directement de la compétence du préfet de police.

Après avoir décidé d’annuler la veillée funèbre des victimes décédées à la suite de la manifestation du samedi 21 avril, les députés de l’opposition ont à nouveau appelé la population à se retrouver devant le parvis de l’Hôtel de ville ce lundi. Les dépouilles des personnes décédées sont également attendues sur la Place du 13 mai.

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