Le président de la République s'est avant tout adressé à la presse

Rajaonarimampianina qualifie la manifestation du samedi 21 avril de « coup d’Etat »

Le Président Hery Rajaonarimampianina dénonce des velléités de renverser le pouvoir. Pour lui, le rassemblement organisé par les députés de l’opposition à Analakely samedi « s’apparente à un coup d’Etat ». Dans une déclaration à la presse, en début de soirée à Iavoloha, le chef de l’Etat lance un avertissement « contre ceux qui sèment les troubles et ceux qui incitent les citoyens à s’entre-déchirer ».

Le président de la République promet que les autorités  » prendront leur responsabilité » tandis que les « forces de l’ordre s’érigeront en défenseurs de la légalité et des institutions démocratiques (…) ainsi qu’en protectrices des personnes et de leurs biens ».

Hery Rajaonarimpianina, qui vient de rentrer d’un déplacement à l’extérieur, affirme qu' »en aucun cas, le coup d’Etat n’est une solution ». Il se targue de « se préoccuper de l’intérêt de la population et de l’intérêt général », tout en se disant « ouvert au dialogue ».

Lire aussi :  La CNIDH propose au président de la République de soumettre les textes électoraux à une nouvelle délibération du Parlement

Le Président de la République adresse également un message aux professionnels des médias. « Les journalistes ne devraient pas contribuer aux appels à la désobéissance aux lois et à la rébellion ».

Le Président de la République n’a donné aucun indice sur une quelconque forme d’ouverture bien qu’il se considère comme étant une personnalité  « ouverte au dialogue ». La veille, Rivo Rakotovao, président du Sénat et président du parti Hery vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) et le Premier ministre Olivier Mahafaly, avaient également évoqué la nécessité d’un dialogue. Le chef du gouvernement est allé jusqu’à parler de consensus mais sans plus de précision.

Samedi, les députés issus du parti Tiako i Madagasikara (TIM), du Miaraka amin’i Prezidà Rajoelina (Mapar), du Malagasy miara-miainga (MMM) et des parlementaires « indépendants » avaient donné un rendez-vous à leurs partisans pour un rassemblement au parvis de la Mairie d’Antananarivo. Le motif de l’appel a été un compte rendu du vote des lois électorales qu’ils contestent. Les élus se sont heurtés au refus des forces de l’ordre avant que ces dernières ne cèdent, laissant la place aux manifestants. Mais l’affrontement a, officiellement, débouché sur la mort de deux individus et une quinzaine de blessés. Les parlementaires lancent un appel pour une « grève générale » lundi.

Lire aussi :  L’Union africaine au secours de Rajaonarimampianina

Aucun rassemblement n’a eu lieu dimanche au parvis de la Mairie d’Antananarivo. Mais les forces de l’ordre, qui ont reçu l’ordre d’assurer le rétablissement de l’ordre public et non plus de maintien de l’ordre, selon des officiers sur place, étaient présentes en masse à Analakely avant de quitter les lieux en début d’après-midi.