Le président de la République aurait aimé parler lors de la cérémonie de béatification de Lucien Botovasoa

Privé de parole à Vohipeno, Rajaonarimampianina évoque un « faux pas » de l’Eglise catholique

Hery Rajaonarimampianina semble avoir très peu apprécié que le protocole de la cérémonie de béatification de Lucien Botovasoa  ne lui ait pas permis de prendre la parole durant la messe, dimanche à Vohipeno. Dans une interview accordée ce mercredi à L’Express de Madagascar, le chef de l’Etat parle d’un « incident », voire d’un « faux pas » des catholiques.

Pour Hery Rajaonarimampianina, « le Président aurait dû avoir droit à la parole ne serait-ce que pour remercier le Vatican eu nom du peuple malgache, d’avoir béatifié Ramose Lucien Botovasoa, même si le protocole avait disposé autrement ». Il justifie son « droit à la parole » par le caractère officiel et étatique de l’événement. « C’est essentiellement un événement d’Etat avant d’être celui des catholiques », a-t-il expliqué.

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Comme « la nomination de Ramose Lucien Botovasoa parmi les bienheureux est un décret pontifical », indique-t-il, c’est le Vatican qui a organisé la cérémonie. Or, insiste-t-il, « le Vatican est d’abord un Etat avec lequel Madagascar entretient des relations diplomatiques », et « j’étais venu en tant que Chef d’Etat, président de tous les Malgaches quelle que soit leur confession ». « Je ne vois pas pourquoi un discours du président aurait forcément donné une allure politique à l’événement », a poursuivi celui qui n’a pas manqué de pointer la  présence de « certaines personnalités qui étaient là et qui ont profité de la cérémonie pour faire une campagne de communication massive ».

« Eclairer la lanterne »

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Pour l’heure, malgré l’interview, Hery Rajaonarimampianina affirme ne pas vouloir faire un drame de cet « incident ». L’entretien semblait juste avoir été accordé pour « éclairer la lanterne de l’opinion devant les interprétations faites autour de ce faux pas ». « L’Etat entretient de très bonnes relations avec les Eglises, y compris les catholiques », poursuit-il dans ses propos.

Le chef de l’Etat assure d’ailleurs pas tenir rigueur des déclarations des Evêques souvent virulentes à l’encontre des dirigeants, ou encore des conférences organisées par les catholiques. Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins que des actions faites par les catholiques « pour tenter de trouver des solutions aux problèmes », voir même d’une « forme de coopération » avec l’Etat. « Les deux tiers des membres du gouvernement ont des relations étroites avec la conférence des évêques », rappelle-t-il.

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A Madagascar, que des hommes politiques, notamment des dirigeants, prennent la parole au pupitre des Eglises et des Temples est devenu une pratique courante ces quinze dernières années. Ces occasions sont souvent mises à profit par les dirigeants pour faire passer des messages à la population. Ce n’est pourtant pas la première fois que l’eglise catholique refuse aux autorités une prise de parole au cours d’une cérémonie religieuse. Marc Ravalomanana a déjà fait les frais de ce protocole strict du temps où il était président de la République.

Texte : Les Décrypteurs

Photo : Présidence de la République