Le préfet va jusqu'à annoncer des arrestations si les députés persistent dans leur démarche

Le préfet de police interdit le « compte rendu d’activités » des députés de l’opposition

Le général Angelo Ravelonarivo, préfet de police d’Antananarivo, a qualifié de « manifestation non autorisée » le rassemblement du samedi 21 avril annoncé par les députés de l’opposition. L’officier général a prévenu mardi à son bureau à Tsimbazaza. Après la réunion de l’Organe mixte de conception (OMC), organisme chargé d’assurer la défense de la sécurité publique ainsi que l’ordre public, qu’il « prendra des mesures » si les initiateurs de la rencontre, annoncée sur « sur la voie publique » et qui « n’est pas autorisée », persistent dans leur démarche.

Le préfet de police affirme que les organisateurs du rassemblement de « compte rendu des députés aux électeurs » n’ont soumis aucune demande d’autorisation, laquelle nécessite un délai de traitement de cinq jours. Celui qui ne reconnaît pas la lettre d’information remise par les députés de l’opposition est allé jusqu’à brandir la menace d’arrestation en cas d’insistance des organisateurs de la rencontre. Il estime que c’est au niveau de la circonscription où ils ont été élus que les parlementaires devraient effectuer leur « rapport ».

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Les députés, issus du parti Tiako i Madagasikara (TIM), du groupement Miaraka amin’i Prezidà Rajoelina (Mapar), du Malagasy miara-miainga (MMM) et des parlementaires « indépendants » avaient annoncé la tenue d’un rassemblement au parvis de la Mairie d’Antananarivo le 21 avril. Ils promettent de « rendre compte » aux électeurs des tenants et des aboutissants des projets de loi sur les élections, récemment adoptés au Parlement. 

Les parlementaires initiateurs de la rencontre s’appuient sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, pour expliquer leur démarche. Dans son article 208, ledit texte recommande « à tout député d’informer en permanence et de faire un compte rendu à la fin de chaque session à l’électorat ». Felix Randriamandimbisoa, président du groupe parlementaire du TIM la Chambre basse parle d’un « simple rapport » pour évoquer le projet de rassemblement.

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Après un appel lancé à la communauté internationale, les parlementaires de l’opposition, tentent de mener une action sur le terrain après l’adoption des trois projets de loi sur les élections au Parlement. Ils considèrent les textes comme étant « taillés sur mesure » et « sources de crise » alors que les partisans du régime évoquent des lois matérialisant une « avancée » dans l’encadrement juridique des consultations populaires.

Après le vote  des trois projets de loi au Parlement, les textes sont entre les mains de la  Haute cour constitutionnelle (HCC). Les hauts conseillers examinent leur conformité à la Constitution avant leur promulgation par le Président de la République.

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