La barre des 4000 ariary franchie pour le supercaburant

La barre des 4 000 ariary franchie pour le supercarburant

Comme prévu, les prix des carburants ont augmenté dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Le supercarburant et le gasoil ont connu une hausse de 90 ariary, tandis que le pétrole lampant a augmenté de 40 ariary.

Ce n’est pas un poisson d’avril. De 3 930 ariary en mars, le supercarburant est passé à 4 020 ariary le 1er avril. Le gasoil, lui, est actuellement à 3 370 contre 3 280 en mars. Comme à chaque début de mois, les prix des carburants sont automatiquement ajustés suivant une structure pré-établie, et la hausse était de 90 ariary pour les deux produits. Le pétrole lampant, pour sa part, est de 40 ariary plus cher, passant de 2 400 à 2 440 ariary à la pompe.

La hausse aurait pourtant dû être plus importante, rappelle le ministère chargé des Hydrocarbures. Mais celle-ci a été limitée parce que « l’Etat doit se préoccuper de la population », peut-on lire sur la page Facebook du ministère de l’Eau, de l’énergie et des hydrocarbures (MEEH). « Il n’a pas le droit d’appliquer une hausse de 700 ariary sur les prix des carburants », poursuit encore la publication qui explique que « l’augmentation est due à la dépréciation de l’ariary et à la hausse des prix du baril ».

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Depuis la décision de l’Etat de prendre les prix de référence calculés comme prix maxima à la pompe en mars 2016, le prix du supercarburant est passé de 3 340 ariary à 4 020 ariary, soit une hausse de 680 ariary, celui du gasoil de 2 540 ariary à 3 370 ariary, soit une hausse de 830 ariary. Durant cet intervalle, les prix devaient changer tous les mois, et ils ont parfois baissé, mais ils ont surtout augmenté. Le niveau des prix de référence calculé, considéré comme étant les prix réels n’a toujours pas non plus été atteints, le gouvernement ayant mis en place un système de lissage des prix pour éviter les trop grandes variations de prix entre deux mois successifs.

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evolution prix carburant depuis mars 2016

Après avoir été bloqués pendant quelques mois pour cause de négociations avec les distributeurs, les prix des carburants ont repris l’ascenseur depuis mars. La « montée » devrait se poursuivre jusqu’à ce que les prix à la pompe atteignent le niveau des prix réels qui seraient donc aujourd’hui à 700 ariary plus haut.

Entente

Les autorités espèrent néanmoins que ce niveau baisserait à l’issue des négociations avec les distributeurs de produits pétroliers. Elles misent, dans les deux à trois prochains mois, sur une nouvelle structure des prix dans laquelle les marges de distribution diminueraient. Ce qui ferait baisser non seulement les prix à la pompe mais aussi les engagements de l’Etat envers les pétroliers. Ces engagements, selon le ministre chargé des Hydrocarbures, Lantoniaina Rasoloelison, ont atteint  30 milliards d’ariary en février 2018.

« Si nous arrivons à une entente où les pétroliers acceptent de baisser les marges, les engagements seraient réduits », a déclaré le gouverneur de la Banque centrale, Alain Rasolofondraibe, lors de la conférence de presse conjointe organisée avec la mission du Fonds monétaire internationale le 28 mars. L’élimination desdits engagements d’ici à la fin de l’année fait partie des recommandations de la mission du FMI au titre de la troisième revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC).

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Dans le cadre des négociations, les pétroliers avaient accepté une baisse de 140 ariary de leur marge, ce qui avait permis la mise en place d’une structure provisoire en février. Cette nouvelle structure était d’ailleurs rendue nécessaire avec la hausse des taxes sur les produits pétroliers depuis janvier. Malgré cette proposition des pétroliers pourtant, les autorités demandent plus d’efforts. Se basant sur un audit réalisé pour la Banque mondiale, elles affirment que les bénéfices des compagnies de distribution atteindraient jusqu’à 700 ariary par litre. Celles-ci ayant contesté l’audit, le Gouvernement espère qu’une nouvelle étude actuellement en cours les amènerait à de meilleurs dispositions.

Iloniaina Alain