La ville de Mahajanga, à l'image de la mairie, a été quadrillée par les forces de l'ordre vendredi

Manifestation avortée de Rajoelina à Mahajanga

L’ancien président de la Transition Andry Rajoelina n’a pas pu rejoindre Majunga pour un rassemblement prévu dans l’après-midi du vendredi  suite « à l’invitation de Mokhtar Andriantomanga, maire de la ville ». Son avion privé n’a pas pu décoller et le vol régulier d’Air Madagascar qu’il comptait prendre après l’échec de la première tentative, a été annulé.

L’ancien homme fort de la Transition a accusé le régime d’être à l’origine de ce contre-temps, parlant d’un « retour à la dictature ». Sur la station Viva, qui lui appartient, il accuse l’Exécutif, en citant Hery Rajaonarimampianina, président de la République et le gouvernement, d’être les instigateurs de son départ avorté.

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Andry Rajoelina a prévu réunir ses partisans dans la Cité des Fleurs. Ceux-ci sont rentrés bredouilles après l’avoir attendu à l’aéroport d’Amborovy, en vain. Ils avaient pensé avoir fait le plus dur après avoir obtenu une décision favorable du tribunal administratif, suspendant un arrêté interdisant la manifestation dans une ville quadrillée par les forces de l’ordre.

Rivo Rakotovao, président du Sénat évoque le respect de la loi pour expliquer la posture du régime dans la gestion du dossier. « Si on soumet une demande [d’autorisation de manifester]c’est qu’on sait que cela nécessite une autorisation », lance le président du parti Hery vaovao ho an’i Madagasikara (HVM), accusant au passage l’équipe de Andry Rajoelina de tenter de « persister malgré les dispositions » prises par les autorités. Les responsables locales avaient évoqué la question de l’ordre public pour expliquer la décision de refuser la tenue du rassemblement.

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Le 8 mars, Andry Rajoelina avait pu tenir un rassemblement, sous couvert de la  Journée internationale des droits de la femme à Ambilobe. Coïncidence ou non, le chef de district avait été limogé par le conseil des ministres du 28 mars.

A quelques mois de la présidentielle, la tension risque de monter d’un cran face à l’interdiction de toutes les tentatives de rassemblement politique dans la Grande île. A plusieurs reprises, l’ancien président Marc Ravalomanana avait dû se résoudre à modifier ses plans face à l’intransigeance des autorités. Cette fois-ci, c’est Andry Rajoelina qui en a fait les frais