leon rajaobelina ocsif

Léon Rajaobelina rend les armes

L’une des figures du microcosme économique de Madagascar s’en est allé. Léon Maxime Raelison Rajaobelina est décédé jeudi des suites d’une maladie qui l’avait éloigné de ses multiples tâches ces derniers mois. Ces derniers temps, ses apparitions publiques se sont faits de plus en plus rares. Il n’avait même pas participé à la cérémonie de signature de l’accord de partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral dont il est pourtant l’un des artisans.

Léon Rajaobelina a embrassé une longue carrière dans le domaine de l’économie, des finances et de l’environnement. Le conseiller économique de Hery Rajaonarimampianina, président de la République  fait partie des éléments essentiels des rouages du régime avant de se retirer d’une manière discrète ces derniers mois.

Le diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, avait été sollicité pour gérer de multiples dossiers économiques brûlants. Il a été l’une des chevilles ouvrières de l’organisation de la Conférence des bailleurs  et des investisseurs (CBI) à Paris en décembre 2016.  D’ailleurs, il a ensuite été nommé commissaire général de l’Organisme de Coordination et de Suivi des Investissements et de leurs Financements  (OCSIF) avec un rang de ministre en février 2017.

Hautes fonctions

Léon Rajobelina avait, entre autres, été appelé à la rescousse pour présider le conseil d’administration de Air Madagascar au moment où un important mouvement social avait secoué la compagnie nationale. Un mouvement qui a débouché sur un bras de fer entre une partie des employés et certains barons du régime, ayant une responsabilité sur Air Madagascar. Le PCA et son équipe avaient été en charge de la recherche d’un directeur général, en la personne du Canadien Gilles Filiatreault, puis de la négociation du virage de recherche de partenaire de la compagnie, en difficulté.  Un processus ayany débouché sur le choix d’Air Austral.

L’expérience de Léon Rajaobelina dans les hautes sphères du pouvoir ne se limite pas à celle de la VIe République. Il avait occupé plusieurs hautes fonctions durant le régime Ratsiraka sous la IIe République. Il avait, entre autres, été ministre des Finances et du budget, entre 1989 et 1991, après avoir occupé le poste d’ambassadeur à Washington pendant six ans. Auparavant, il avait été gouverneur de la Banque centrale (1973-1983), ou encore administrateur suppléant du Fonds monétaire international (FMI).

Les faits d’armes de Léon Rajaobelina ne se limitent pas aux finances et à l’économie. Il a également œuvré dans le domaine de l’environnement, en occupant, entre autres, le poste de Vice-Président régional de Conservation International-Madagascar, une ONG qui œuvre dans le domaine de l’environnement.  Il avait présidé la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar dont il fût l’un des fondateurs.

Le membre du Conseil d’administration du Fonds africain du patrimoine mondial avait travaillée avec la Banque mondiale dans le domaine de l’environnement. Il avait, entre autres,  été co-président du Comité national du Wealth Accounting and Valuation of Ecosystem Services (WAVES) à Madagascar et membre du Groupe Consultatif Industries Extractives de la Banque mondiale.

Iloniaina Alain