hery rajaonarimampianina

Hery Rajaonarimampianina : « La révision de la Constitution devrait se focaliser sur les élections »

Pour le président de la République, la révision de la Constitution, si celle-ci devait avoir lieu, doit uniquement concerner les dispositions relatives aux élections.

Les dispositions constitutionnelles liées au calendrier électoral dans le viseur de Hery Rajaonarimampianina. Le président de la République a confirmé lors de sa conférence presse de la rentrée que si révision de la Constitution il y a, celle-ci devrait uniquement concerner les dispositions liées aux élections. « Les autres sujets ne devraient faire l’objet d’une consultation populaire que par le futur président élu », a-t-il souligné. Il a notamment mis en avant les questions liées à la forme de l’Etat – unitaire ou fédérale – ou encore le mode de désignation du Premier ministre.

Pour Hery Rajaonarimampianina, il est plus urgent d’apporter quelques corrections sur les dispositions liées à l’organisation des élections à venir. « Des sujets restent préoccupants », a-t-il soulevé en insistant que « les préoccupations ne portent pas tellement sur l’article 46 ». « Le problème concerne plutôt l’article 47 », a-t-il poursuivi, en lisant le fameux article prévoyant que l’élection du président de la République doit se tenir 60 jours au plus et 30 jours au moins avant l’expiration du mandat du président en exercice.

A entendre le chef de l’Etat, ce n’est pas tant l’obligation faite au président-candidat de démissionner deux mois avant l’élection qui le gêne. Ce serait plutôt la trop longue durée entre la date effective de la fin du mandat présidentiel et la proclamation officielle des résultats du second tour du scrutin. « En 1992, il y a eu onze semaines entre le premier tour et le deuxième tour. Le délai était de huit semaines en 1996 et en 2013, tout cela sans tenir compte de la date de proclamation officielle des résultats définitifs », a-t-il rappelé.

A l’en croire, ce délai pourrait ainsi être à l’origine d’une certaine instabilité même s’il a refusé de répondre à la question relative au peu de confiance qu’il a en celui qui est censé assurer l’intérim s’il devait se porter candidat et ainsi démissionner. « Nous nous sommes inspirés de la Constitution française alors qu’en France, les résultats sont connus le jour même de l’élection », s’est-il justifié.

Les arguments soulevés par Hery Rajaonarimampianina semblent également sous-entendre l’idée que l’élection prévue par l’article 47 de la Constitution correspond non à la date du scrutin, mais plutôt à la date de la proclamation des résultats. « Certains se sont hasardés à avancer des dates », a-t-il ironisé, insistant sur l’impératif « d’interprétation stricte » de la Constitution. Sans nommer la société civile, il a rejeté la thèse de l’Observatoire de la vie publique (Sefafi) qui soutient que c’est le deuxième tour de la présidentielle qui devrait se tenir à la date indiquée par la Constitution.

Pour faire néanmoins passer la pilule d’une révision de la Constitution qui, à l’entendre, ne viserait nullement la prolongation de son mandat, Hery Rajaonarimampianina a martelé que « cette idée ne vient pas du tout du président. C’est la société civile qui a soulevé la question ». « Ces problématiques ont déjà été soulevées lors des travaux de consultation organisés par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et sont mentionnés dans les documents de travail même si elles ne figurent pas dans le rapport soumis au comité interministériel », a-t-il d’ailleurs ajouté.

Dans un récent communiqué, un consortium d’organisations de la société civile a rejeté toute révision de la Constitution à un an de la présidentielle, et selon Hery Rajaonarimampianina « si tout le monde dit qu’il ne faut pas réviser la Constitution, on ne va pas le faire ». « Je respecterai la Constitution », a conclu celui qui dit ne pas avoir voulu toucher plus tôt à la Loi fondamentale parce que cela lui aurait reproché.

Faire des Fokontany des collectivités décentralisées

Bien qu’il ait déclaré vouloir ne soumettre à la révision que les dispositions constitutionnelles liées aux élections, Hery Rajaonarimampianina a également laissé entendre qu’il serait partant pour intégrer dans une éventuelle procédure en ce sens les questions liées aux « fokontany ». Faisant référence à l’article 152 de la Constitution, le président de la République a rappelé que si les Fokontany sont la base du développement, leurs dirigeants ne peuvent pas être élus.

« Nos textes actuels prévoient que les chefs de fokontany doivent être désignés parce que les fokontany sont des démembrements de l’Etat. Et le président n’est pas d’accord avec cela. Comment s’exprimera, sinon, la démocratie ? Or, si nous procédons à leurs élections, ce serait contraire à la Constitution », a-t-il précisé pour justifier une éventuelle révision de la Constitution.

Iloniaina Alain