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Affaire Razaimamonjy – Le Bianco authentifie l’enregistrement téléphonique

Une précision dans la fuite d’un document sonore contenant une conversation téléphonique de Claudine Razaimamonjy. Le Bureau indépendant de lutte contre la corruption (Bianco) reconnaît avoir effectué l’enregistrement d’une des correspondances de la femme d’affaires réputée proche du régime, accusée d’infractions assimilées à la corruption dans l’attribution de marchés publics.

Son directeur général, Jean-Louis Andriamifidy, a reconnu l’authenticité du document mardi, au siège du Bianco à Ambohibao. Il s’agit d’un enregistrement effectué l’année dernière par l’un des agents de l’agence de lutte  contre la corruption après le double refus de la femme d’affaires de répondre favorablement à ses convocations dans le cadre du dossier l’impliquant.

Le premier responsable de l’agence de lutte contre la corruption précise que l’enregistrement a servi de pièce à conviction remise à la justice pour confirmer son refus de coopérer. Il s’agit d’un enregistrement sonore, accompagné de la transcription écrite des échanges.

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Le Bianco refuse pourtant d’endosser la responsabilité de  la fuite. Dans son explication, Jean-Louis Andriamifidy fait part d’une autre piste, judiciaire, dans la mesure où la justice dispose donc une copie desdits documents. Le patron du Bianco assure en même temps la mise en place d’une commission d’enquête en interne pour étudier ce cas avant de rappeler le principe de confidentialité qui lie les agents de l’agence.

Le Bianco dans une mauvaise posture

Un enregistrement d’une conversation téléphonique imputée à Claudine Razaimamonjy avait circulé sur les réseaux sociaux ce week-end. Dans le document sonore, la femme d’affaires, placée en détention préventive à la prison de Manjakandriana après plusieurs épisodes du feuilleton de son interpellation  le 3 avril, avait mis en avant son appartenance au cercle des proches collaborateurs du président de la République Hery Rajaonarimampianina. Elle y avait fait part de son refus de répondre favorablement aux convocations du Bianco tout en vociférant contre son interlocuteur et contre l’agence de lutte contre la corruption.

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Dans une certaine mesure, la fuite du document place, entre autres, le Bianco dans une mauvaise posture. Chronologiquement, la diffusion de l’enregistrement dans les réseaux sociaux  a eu lieu quelques jours après la déclaration présidentielle sur l' »affaire Claudine Razaimamonjy ». Le chef de l’Etat avait indiqué dans une interview sur le plateau de TV5 le 29 juin que « tout le monde peut se dire qu’il est proche du président de la République mais le fait d’être proche ou loin du Président ne dédouane personne ».

Harry Laurent Rahajason, ministre de la Communication et des relations avec les institutions, s’est exprimé sur la fuite lundi. Il avait évoqué l’existence d’une infraction dans la publication de l’enregistrement d’une conversation privée, a fortiori sans autorisation de la principale concernée.

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Madagascar a été classée à la 145e place, sur les 176 pays enquêtés, selon l’Indice de perception de la corruption, IPC 2016. Un score « alarmant » selon par Transparency international, initiateur de l’enquête. Un « grand défi pour le pays », selon le chef de l’Etat

Credit Photo : Esther Vargas