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Mouvement social – L’autre facette de la grève des douaniers malgaches

Jusqu’ici, on parle d’une perte de 5 milliards d’ariary pour les caisses de l’Etat pour chaque jour de grève au niveau de la douane. Mais les groupements du patronat attirent l’attention de l’opinion sur les autres conséquences de l’arrêt de travail au niveau de l’administration douanière.

Ambatovy estime sa perte entre 20 et 30 millions de dollars pour une semaine de grève. Une perte liée au non-écoulement de ses  produits au moment où le marché mondial des métaux reste tendu.

Pour l’heure, Louis-Rolland Gosselin, vice-président de la société d’Ambatovy, évoque 70 conteneurs bloqués au niveau de la douane depuis la reprise de la grève des agents syndiqués mercredi. Il s’agit de conteneurs transportant des intrants, des pièces et des matériels pour la production de nickel et de cobalt.

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Pour la compagnie minière, l’arrêt des importations pour une durée de huit jours, va la forcer à mettre l’usine à l’arrêt. Un arrêt qui provoque un effet de dominos allant jusqu’à l’envoi au chômage technique de quelques milliers d’employés.

Pour Charles Giblain, l’effet de la perturbation au niveau de la douane se fait également sentir dans le rang des membres du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) qu’il préside. La perte reste difficile à quantifier. Mais l’impact du bras de fer entre les douaniers syndiqués et le gouvernement sera, toute proportion gardée, aussi avoir important que celui subi par Ambatovy, censé avoir les reins compte tenu de la surface financière des parties concernées.

Perte de marché

L’importation des intrants et l’exportation des produits finis sont perturbées. Le blocage de la machine douanière engendre le ralentissement du rythme de production ainsi que le décalage de la livraison des commandes, synonyme de pénalités. Et ce, sans parler de la perte de confiance des clients, et donc un sacré coup pour les marchés futurs pour les entreprises locales.

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Pour l’instant, cinq produits font exception et font l’objet de traitement au niveau de la douane. Il s’agit des colis diplomatique, des produits pharmaceutiques et fournitures pour les hôpitaux et celles pour l’armée, des produits périssables et des animaux vivants. Les carburants destinés à la compagnie de l’eau et de l’électricité (Jirama) a été ajoutée à la liste dans cette liste alors que le riz n’en fait même pas partie.

Au moment où le gouvernement remue ciel et terre pour augmenter les recettes douanières, l’arrêt de travail au niveau la douane pourrait entraîner un autre désastre. Fredy Rajaonera, président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) craint la poussée des entrées frauduleuses des marchandises sur le territoire national.

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Selon la loi de finances rectificative 2017, les recettes douanières ont atteint 1668 milliards d’ariary en 2016. Si les recettes prévues dans la loi de finances initiale 2017 sont estimées à 1927 milliards d’ariary, le gouvernement table sur jusqu’à 1977 milliards d’ariary avant la fin de l’année dans la loi de finance rectificative. Il projette des rentrées d’argent de 2577 milliards d’ariary au niveau de la douane en 2020.

Iloniaina Alain