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FEC. Le FMI accorde à Madagascar près de 85 millions de dollars

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est réuni mercredi à Washington a accordé le décaissement de la deuxième tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC) après la première revue du programme. Le montant s’élève à peu près à 85 millions de dollars, selon le communiqué du FMI publié en fin de journée à son siège.

Initialement cette deuxième tranche devait être de près de 45 millions de dollars. Mais le CA du FMI a tenu compte, entre autres,  des impacts du cyclone Enawo et de la sécheresse, à la suite de la demande du gouvernement malgache d’augmenter le crédit accordé à la Grande île. « L’augmentation du crédit au titre de la FEC et le soutien supplémentaire des donateurs aideront à compenser l’impact des catastrophes naturelles sur la balance des paiements « , explique le communiqué du FMI.

Hausse de l’enveloppe globale

La hausse de la deuxième tranche ne devrait pas remettre en cause les autres décaissements dans la mesure où c’est le montant global de la FEC qui a connu une augmentation. L’enveloppe globale du programme triennal prévue est de près de 305 millions de dollars. Mais celle-ci devrait finalement tourner autour de 345 millions de dollars. Le premier décaissement, de près de 45 millions de dollars, avait été effectué en juillet 2016.

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Course contre la montre

Les autorités malgaches se sont livrées à une course contre la montre pour boucler le dossier afin que celui-ci puisse être soumis au CA du FMI avant la fin du mois de juin. Le vote rapide de la loi de finances rectificative, effectué en moins de trois heures lors de la séance plénière à l’Assemblée nationale du 15 juin, après son adoption en conseil des ministres le 06 juin, en est l’illustration. Cette loi de finances rectificative a fait partie des exigences du Fonds pour que le dossier malgache soit examiné par son conseil d’administration.

Les cas Jirama et Air Madagascar à boucler

Les dossiers de la compagnie de l’eau et de l’électricité (Jirama) et de la compagnie Air Madagascar ont fait traîner les négociations. La réduction des dépenses publiques accordées à ces deux entreprises publiques figurent dans la liste des attentes de la FEC.

Mais, a priori, ces deux dossiers ne semblent pratiquement pas encore tout à fait bouclés même si les grandes lignes des solutions ont été avancées. La hausse des tarifs de la Jirama dès le 1er juillet prévue dans le business plan de la compagnie et faisant partie des engagements faits auprès du FMI n’est toujours pas acquise.

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La signature de l’accord de partenariat stratégique entre le gouvernement et Air Austral, pour l’entrée de cette dernière dans le capital d’Air Madagascar aurait dû intervenir le 31 mai. L’apurement de la dette de Air Madagascar, estimée à 88 millions de dollars reste, entre autres, encore à finaliser.

Le gouvernement a pu arracher une promesse de garantie de la part de la Banque africaine de développement (BAD) pour pouvoir emprunter la moitié de la dette. Mais il doit encore trouver une solution pour le reste.

Lutte contre la corruption attendue

La lutte contre la corruption fait également partie des promesses faites auprès du FMI, mais ce dernier demande plus que l’adoption des textes. « Les efforts des autorités pour renforcer la gouvernance et pour lutter contre la corruption sont essentiels à leur stratégie. En plus de renforcer le cadre juridique, il est essentiel de le mettre en œuvre efficacement et de renforcer l’indépendance de la justice. Les améliorations en cours de la gestion des finances publiques, en particulier pour amélioration la transparence jouent également un rôle clé », précise le communiqué du FMI.

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Cette remarque apporte un éclaircissement sur la célérité de l’adoption en conseil des ministres au moins de juin de l’avant-projet de loi relative à la coopération internationale en matière pénale et celui relatif au recouvrement et l’affectation d’avoirs illicites. Les derniers communiqués des conseils n’ont pas fait mention de l’adoption d’un texte sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. En tout cas, à l’allure où vont les choses, ces deux premiers textes ne seront pas examinés lors de la session parlementaire en cours.

Programme de soutien

La FEC constitue un programme du FMI pour soutenir à moyen terme des pays à faible revenu. Il s’agit d’une aide financière aux pays qui connaissent des difficultés prolongées de balance des paiements. Il s’agit d’un outil pour soutenir un réforme plus large destiné aux pays à faible revenu, notamment en période de crise. Il soutient le programme économique qui vise à rétablir la stabilité et la viabilité macroéconomiques tout en favorisant une croissance et la réduction de la pauvreté.