Perturbation attendue de l’appareil judiciaire les jeudi 8 et vendredi 9 juin

Magistrats et greffiers prévoient de cesser leur travail les jeudi et vendredi prochains. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a pris la décision d' »observer deux jours d’indignation à partir du 08 et 09 juin 2017″, selon un communiqué publié mardi soir.

La décision a été prise lors de l’assemblée générale du SMM à Toliara dans la même journée. « Cette disposition, qui a pour effet de suspendre nos activités pendant cette période, s’adresse à tous Magistrats en service au niveau de tous les juridictions, cours et tribunaux relevant du territoire Malagasy ainsi que ceux du Ministère de la Justice« , précise le communiqué.
L’initiative a été prise  » pour que des mesures urgentes mais aussi pérennes soient prises pour mettre fin aux dangers qui guettent notre fonction ». Le SMM brandit la menace d’une « grève générale » en cas de non-satisfaction des revendications.
Le SMM évoque que des principes fondamentaux de l’Etat de droit « ont été mis à mal ces derniers temps ». Il rappelle, entre autres la soumission des gouvernants et des gouvernés aux mêmes normes juridiques, sous le contrôle d’une justice indépendante. Il évoque en même temps l’absence de réaction de l’Exécutif malgré la sonnette d’alarme tirée ces dernières semaines.
Le Syndicat des magistrats énumère plusieurs faits qu’il considère comme étant un manquement aux dispositions légales. Il cite, entre autres, l' »affaire Claudine Razaimamonjy »,  celle impliquant des parlementaires à Antananarivo et à Ampanihy, d’ officier général de la gendarmerie à Toamasina et des agents pénitentiaires à Manakara, mettant à mal l’autorité de la justice.
Le choix des « journées d’indignation » n’est pas anodin et pourrait avoir d’impacts plus importants sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire. Celles-ci coïncident avec le début de la grève générale du Syndicat des greffiers, pouvant paralyser la justice, du moins pour les 8 et 9 juin. Les greffiers avaient décidé de lancer leur initiative pour satisfaire des revendications syndicales. Mais les deux syndicats avaient déjà uni leur  voix pour dénoncer le problème au sein de la justice le samedi 3 juin.