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Kidnapping d’Yanish Ismaël : le Syndicat des industriels s’insurge

Le Syndicat des industries de Madagascar (SIM) sort de son silence après le kidnapping de l’un de ses membres, Yanish Ismaël. Dans un communiqué, daté du 23 mai, le Syndicat, composé de 88 membres, affirme qu’il « ne pourra pas se taire face aux actes perpétrés aux membres du secteur privé national investissant dans les territoires nationaux ».

Se sentant « lésé », le Syndicat affirme que les « opérateurs, investisseurs et industriels de Madagascar sont devenus les cibles favorites des ravisseurs et les criminels experts en conquête d’argent facile et d’extorsion de fonds ». Il déplore le fait que les industriels malgaches « soient devenus les victimes de leur propre bonne volonté, à force de vouloir développer le pays (…) pour les intérêts de petites franges d’individus favorisés, bénéficiant du système très corrompu existant ».

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Le SIM, par le biais du rapt, tente de peser de tout son poids, pour tirer la sonnette d’alarme sur une série de situations qu’il considère pénibles pour ses membres. Un SIM dont les membres réalisent 75% du total des investissements industriels à Madagascar en 2015, générant un taux de 23,5% de recettes fiscales.
C’est la première fois que le SIM s’exprime sur le kidnapping d’Yanish Ismaël, fils d’un homme d’affaires franco-malgache, à la tête d’un groupe de sociétés employant près de 1500 personnes. La victime avait été enlevée par des hommes cagoulés armés le dimanche 14 mai à Ankadikely-Ilafy, dans une banlieue de la capitale. Un enlèvement dont le dénouement n’est pas encore connu mais qui compte déjà la mort d’un policier affecté à la garde de la famille de la victime dimanche.

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91 Français kidnappés en sept ans

Des  voix se sont déjà élevées après le kidnapping. Véronique Vouland-Anéini, ambassadeur de France avait qualifié d' »inacceptable » et « très mauvais pour l’image de Madagascar vis-à-vis des investisseurs » la recrudescence du kidnapping le 17 mai en marge de la célébration de la fête nationale norvégienne.

Deux jours plus tôt, le  Collectif des Français d’Origine Indienne (CFOIM) avait déploré dans un communiqué la recrudescence des kidnappings qui « prend une ampleur alarmante et inquiétante ». Il recense 91 Français, victime d’enlèvement en sept ans à Madagascar et réclame une « réaction urgente des pouvoirs publics et de la société civile ».

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Pour l’instant, la police, affirme travailler sur le dossier en dépit de l’absence d’informations fournies par la famille du kidnappé. Le Premier ministre Olivier Mahafaly assure le déploiement d’efforts par les autorités pour traquer les réseaux des malfaiteurs qui se livrent aux kidnappings.

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