L'exportation de bois de rose reste illégale à Madagascar

Bois de rose saisis à Singapour : plainte du gouvernement malgache pour faux et usage de faux

Rebondissement dans le dossier du bois de rose saisi à Singapour. Selon une source au courant du dossier, la Direction de la législation et du contentieux auprès du gouvernement a déposé une plainte contre X pour faux et usage de faux auprès du Parquet du Tribunal de Première instance d’Antananarivo vendredi.

Le gouvernement croit savoir détenir une preuve selon laquelle une lettre du ministère de l’Environnement avait été détournée de son objet. Cette lettre « détournée » aurait fait partie du dossier ayant permis l’exportation de la cargaison de près de 30 000 rondins de bois de rose saisis à Singapour.

Avec cette plainte, le gouvernement officialise la poursuite contre ceux qui, de Madagascar, auraient été complices des importateurs de bois de rose récemment condamnés à trois mois de prison et à 500 000 dollars d’amende par la Justice singapourienne. Madagascar s’était déjà porté partie civile durant le dernier procès qui s’est déroulé à Singapour, mais c’était dans l’optique de revendiquer la propriété des bois de rose et non pour poursuivre les importateurs.

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En 2014, une équipe du ministère de l’Environnement, dépêchée par le gouvernement, avait déclaré authentiques les documents ayant autorisé  l’exportation de la cargaison qui avait quitté Madagascar en février 2014. Ce qui avait décidé le juge singapourien à acquitter les accusés.

Pressions

Un an plus tard, le Premier ministre Jean Ravelonarivo avait envoyé une lettre à la Cour suprême de Singapour pour faire part de l’illégalité de toute importation de bois de rose de Madagascar, mais faute d’authentification, le message n’a pas été pris en compte durant le procès en appel qui a néanmoins renvoyé l’affaire devant le tribunal de district.

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Les autorités malgaches ont ensuite failli ne plus donner suite au dossier, en refusant d’intervenir dans l’affaire. Jusqu’à ce que la pression des ONG internationales et du secrétariat permanent de la Convention internationale pour le commerce des espèces de faune et de flore en voie d’extinction (Cites) ait fini par décider l’Etat malgache à engager un cabinet d’avocats international pour plaider sa cause. Une position qui n’a finalement pas été prise en compte par la Cour singapourienne. Selon cette dernière, citée par les journaux locaux, il n’a pas été prouvé que les bois de rose aient été acquis illégalement.

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