Des membres du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) effectuant un sit-in aujorud'hui.

Le Syndicat des magistrats se sent « offusqué »

Le ton monte entre le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) et le gouvernement. Le premier s’est dit « offusqué par la position et l’implication directe du Gouvernement dans l’affaire Dame Razaimamonjy Claudine » dans un communiqué publié jeudi.

Le Syndicat fustige la déclaration faite par le gouvernement après le conseil du gouvernement du mardi. « Menacer les magistrats qui usent de leurs prérogatives légales dans un communiqué officiel du gouvernement est considéré par le Syndicat comme étant un acte de déstabilisation de l’institution judiciaire », soutiennent les membres de son bureau.

Le SMM réitère au passage leur posture condamnant « fermement toute ingérence, obstruction à la bonne marche de la justice et intimidation proférée à l’égard des magistrats exerçant leurs fonctions normales ». « Des poursuites judiciaires envers les magistrats faisant leur travail dans la stricte application de la loi relèvent de la pure volonté de faire obstruction à la bonne marche de la justice », rétorque-t-il.

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Mardi, l’Exécutif avait chargé le SMM dans la gestion du dossier impliquant Claudine Razaimamonjy, conseillère du Président de la République. La femme d’affaires avait été accusée, entre autres, de favoritisme dans l’attribution des marchés publics et de blanchiment d’argent par la Chaîne pénale anti-corruption. Elle est restée hospitalisée après une évacuation sanitaire à l’île Maurice, provoquant une polémique. Le contrôle effectué par un substitut du Procureur de la République, également présidente du SMM, avait fait réagir l’Exécutif.

La réaction du régime s’est matérialisée par  une observation du Premier ministre Olivier Mahafaly lors du conseil du gouvernement du mardi 16 mai. « Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a donné un ordre, formel et catégorique, aux membres du Gouvernement concernés de prendre des mesures fermes contre tout acteur de déstabilisation, quel qu’en soit son statut. Et ce, jusqu’à ouvrir des poursuites judiciaires même contre certains magistrats ayant abusé de leurs prérogatives légales », a relaté le communiqué du conseil du gouvernement.

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