Appel des évêques à la prise de conscience

Les évêques personnalisent leur message. Après avoir maintes fois tiré la sonnette d’alarme, la Conférence des évêques de Madagascar (CEM) estiment qu’il est temps d’agir. D’où son appel aux différents corps pouvant agir pour le changement.

« Le temps des alertes est fini. Il est temps de changer les choses et ce de manière drastique », écrivent les évêques dans un message en date du 13 mai.  Ils s’adressent alors aux responsables d’Eglises, à différents ministères, aux élus et aux hommes politiques.

« Que les responsables d’Eglise soient des modèles »

Dans son message, la conférence épiscopale invite ses pairs à servir de modèles pour la société à travers leur parole et leur geste. « Notre époque n’a pas uniquement besoin de prêcheurs, notre temps a besoin de témoins », souligne le message. Celui-ci appelle les ministres de culte et les responsables d’Eglise à procéder à un examen quotidien de conscience et à se battre contre tout ce qui peut affaiblir les hommes.

« Que les professionnels de santé respectent leur serment »

Aux personnels de la santé appelés à « défendre la vie », les évêques appellent au respect des patients et de la vie. Dénonçant la corruption qui gangrène les hôpitaux publics et le coût des médicaments, autant d’entraves à l’accès aux soins, la conférence épiscopale affirme craindre « un génocide silencieux » et interpelle le ministère de la Santé sur cette situation. Elle glisse, en passant, un mot sur les pratiques d’interruption volontaire de grossesse (IVG) qu’elle conteste.

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« Que les enseignants retrouvent leur honneur »

Pour les évêques, les enseignants doivent être des modèles pour ceux à qui ils transmettent les connaissances. « Le retour de la crédibilité et de l’honneur de la profession d’enseignant nécessite des hommes sages », indique le message. L’objectif est de faire en sorte que les personnes formées retrouvent l’amour de leur patrie.

« Que les Forces de l’ordre vivent leur slogan »

Les évêques crient au danger. « Vous êtes censés défendre la vie alors que vous tuez les gens », regrettent-ils, interpellant les éléments des forces de l’ordre. Dénonçant les agissements de certains gendarmes, policiers et militaires, complices des « dahalo », participant au trafic d’armes et terrorisant les paysans, le message de la conférence épiscopale les appelle à se contenter des honoraires qu’ils perçoivent et à toujours se rappeler leur slogan : « pour la patrie ».

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« Que le ministère des Mines préserve les ressources du pays »

Face à l’arrivée des investisseurs miniers, les évêques invitent les agents du ministère des Mines à résister à l’appât du gain en délivrant des permis à ceux qui ne cherchent qu’à spolier les ressources du pays. « Ayez conscience que les ressources divines ne sont pas renouvelables », alertent les évêques. « Ne laissez pas notre pays devenir une proie », soulignent-ils.

« Que les magistrats se repentent »

Les évêques déplorent que Justice rime avec corruption, et que même ceux qui sont propre soient mis dans le même sac que les magistrats corrompus. Ils estiment que la multiplication des vindictes populaires résulte de ce comportement des magistrats qu’ils invitent ainsi à se repentir. « Ecoutez votre conscience et respectez le serment que vous avez prononcé », écrivent-ils.

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« Que les élus respectent leurs promesses »

A entendre les évêques, les élus dévient de la mission que les électeurs leur ont confiée. « Le peuple vous a offert le pouvoir, pourtant, vous utilisez ce pouvoir pour votre propre intérêt sans vous préoccuper du peuple », regrettent-ils. « Rappelez-vous les promesses que vous avez faites durant la campagne électorale », exhortent-ils à l’endroit de ces élus.

« Que les hommes politiques défendent les biens communs »

Les évêques s’adressent aussi bien aux hommes politiques partisans du pouvoir qu’aux opposants. Regrettant que la politique se limite à la conquête du pouvoir et à la défense de ce pouvoir, ils invitent les hommes politiques à se préoccuper davantage de l’intérêt commun du public et à le défendre farouchement.