Près de 30 000 rondins de bois de rose ont été saisi en mars 2014. Photo : AVA
Près de 30 000 rondins de bois de rose ont été saisi en mars 2014. Photo : AVA Photo : AVA

Trois mois de prison pour un importateur de bois de rose à Singapour

Wong Wee Keong, directeur général de la société Kong Hoo, a été condamné à trois mois de prison et à 500 000 dollars d’amende vendredi par la justice singapourienne pour avoir importé du bois de rose malgache. La société importatrice, est également condamnée à payer 500 000 dollars d’amende. La cargaison de près de 30 000 rondins de bois, pour sa part, est confisquée. 

Le procureur général avait requis 18 mois de prison pour Wong Wee Keong, mais le juge singapourien avait estimé, selon le journal local, The Straits Times, que l’affaire ne consistait pas en un crime transnational organisé et que rien ne prouvait que la cargaison ait été acquise illégalement.

Les déclarations tardives, prétendument adressées par les autorités malgaches à la justice singapourienne, faisant état de l’illégalité de l’exportation des bois de rose, n’ont donc pas été prises en considération par la Cour. Pour le juge singapourien, le seul tort des accusés était d’avoir fait entrer dans la Ville-Etat une espèce protégée sans l’autorisation de l’Autorité agro-alimentaire et vétérinaire singapourienne (AVA). Dans une déclaration rapportée par The Straits Times, le juge singapourien See Kee Oon avait assuré que « même si le bois de rose avait été illégalement amené à Singapour, les preuves n’indiquent pas qu’il avait été obtenu illégalement et qu’il avait été importé en « contrebande » au sens ordinaire de compréhension de ce mot ».

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Position malgache non prise en considération

La décision de la justice singapourienne ordonnant la confiscation du bois de rose saisi est, toutefois, une bonne nouvelle pour la partie malgache qui s’est constitué partie civile pour en réclamer la propriété, et partant le rapatriement. Il reste à savoir si les autorités singapouriennes reconnaîtront que le bois appartient à Madagascar et si les parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore en voie d’extinction (Cites) donneront l’autorisation de transporter la cargaison. Dans son communiqué de réaction au verdict de la Cour singapourienne, le gouvernement malgache s’est dit « prêt à travailler avec les autorités singapouriennes pour décider de la disposition légale et transparente de ce stock de bois de rose ».

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La société basée à Singapour avait importé près de 30 000 rondins de rose d’une valeur estimée à 50 millions de dollars en février 2014, mais la cargaison, qui avait quitté le port de Toamasina le 15 février 2014, avait été interceptée dans le port de Jurong, Singapour, où elle avait déclarée en transit, le 15 mars 2014. Suite à une action publique intentée par le ministère public du Singapour, l’affaire a été portée devant la justice. Par deux fois, Wong Wee Keong et sa société Kong Hoo avaient été acquittés : présentée comme étant de la marchandise en transit, la cargaison n’avait besoin que des documents délivrés par les autorités du pays exportateur. Les autorités malgaches ayant tergiversé sur le caractère illégal ou non desdits documents, la justice singapourienne a fini par ne pas en tenir compte. Le juge qui a jugé l’affaire en dernier ressort n’a même trouvé aucune preuve de l’illégalité de l’envoi de la cargaison.

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