Les dettes d’Air Madagascar retardent l’accord avec le FMI

Le gouvernement ne sait toujours pas comment financer le remboursement de la totalité des dettes d’Air Madagascar. A un peu plus d’un mois du deadline prévu pour la signature de l’accord de partenariat stratégique avec Air Austral, rien n’est sûr quant à la capacité de l’Etat malgache à apurer le passif de la compagnie aérienne nationale.

Les assurances de financement obtenues pour ce faire auraient dû être présentées à Washington lors de la réunion de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) du 17 au 23 avril, mais les autorités n’avaient apparemment pas transmis des informations satisfaisantes. Annoncée en mars, puis attendue à l’issue de la réunion de printemps, l’assurance d’un examen du dossier de Madagascar par le Conseil d’administration du FMI en juillet n’a donc encore pu être obtenue, bien que sur les autres aspects du dossier, l’équipe technique du Fonds aurait émis des opinions favorables.

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Madagascar a, certes, encore du temps – deux mois – pour rassurer le FMI, et faire en sorte que le dossier puisse passer devant le Board pour assurer le décaissement de la deuxième tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC) qui s’élève à près de 45 millions de dollars. Mais des solutions doivent être trouvées dans les prochaines semaines si les autorités veulent que l’accord de partenariat stratégique avec Air Austral puisse se conclure dans les délais initialement prévus, au 31 mai en l’occurrence.

Au moins 75 millions de dollars à trouver

Pour l’instant, Air Madagascar n’a pas officiellement communiqué sur le montant de ses dettes. Les résultats de l’audit annoncé et mené depuis mars ne semblent pas encore été rendus publics. En janvier 2016, l’ancien directeur général de la compagnie, le Canadien Gilles Filiatreault, avait parlé de 76 millions de dollars dans les colonnes de Midi Madagasikara. Une somme qui aurait atteint 80 à 90 millions de dollars selon d’autres sources proches du dossier. Et c’est la totalité de ce montant que les autorités ont du mal à financer.

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De nombreuses opérations, telles qu’une restructuration du capital sous forme de coup d’accordéon, ou encore une augmentation des recettes fiscales et douanières, ont été annoncées pour apurer ce passif, mais celles-ci ne semblent pas suffire. Une consolidation des dettes à travers l’obtention d’un prêt destiné à rembourser une partie des dettes est également envisagée, mais les autorités n’ont apparemment pas encore trouvé l’institution qui lui accordera ce prêt de consolidation. Recourir au budget actuel en réajustant le budget des secteurs sociaux est pourtant exclu au risque de compromettre les accords avec les bailleurs de fonds.

La difficulté est d’autant plus grande qu’en plus des 75 millions de dollars à trouver pour Air Madagascar,  le gouvernement doit aussi injecter 50 millions de dollars additionnels (150 milliards d’ariary) à la subvention initialement prévue pour la société nationale de l’eau et de l’électricité.  

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