Affiche sur la préparation de l'élection

Johnfrince Bekasy élu à la tête de l’association des natifs d’Antsiranana (Fitefa)

Johnfrince Bekasy revient au devant de la scène. Il a bénéficié d’un véritable plébiscite avec un score écrasant lors de l’élection du président et des membres du bureau de l’association des natifs de la province d’Antsiranana (FITEFA), dimanche à Ampefiloha. Sur les 2 003 inscrits, l’opérateur économique a obtenu 1487 voix, contre 392 pour son adversaire, soit près de 79% des suffrages exprimés.

Johnfrince Bekasy, entre autres, soutenu par le député Behavana Raveloarivonjy, dit « Zoky Vonjy », remplace Jacky Bezokiny. Il dirigera l’association FITEFA pour un mandat de trois ans.
Avec cette élection, Johnfrince Bekasy se signale à nouveau après plusieurs mois de discrétion. Ces dernières années, le nouveau président de la FITEFA est plutôt connu dans un dossier judiciaire traité par le Bureau indépendant de lutte anti-corruption (Bianco) et la Chaîne pénale anti-corruption. En 2015, il avait été arrêté avant de bénéficier d’une liberté provisoire deux jours plus tard, puis de s’envoler à l’extérieur du pays.
Le Département d’Etat des Etats unis avait évoqué le cas de Johnfrince Bekasy dans son « Rapport sur les Droits de l’Homme 2015 pour Madagascar« . Le document avait pointé du doit l’ »inefficacité judiciaire, notamment un incident durant lequel, la personne  accusée d’être un trafiquant de bois de rose, Johnfrince Bekasy, a été libérée de prison et a pu quitter le pays malgré le fait qu’il ait été mis sous interdiction de voyager ».

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Johnfrince Bekasy remplit les critères

Jacky Bezokiny précise que  Johnfrince Bekasy est « présumé innocent » au moment de sa candidature. Emmanuel Rakotonandrasana, président du comité d’organisation de l’élection assure que, pour l’organe qu’il dirige, le candidat avait « rempli les critères » imposés pour le statut de l’association « sans prendre en considération » le dossier judiciaire des prétendants.

L’Alliance Voary Gasy (AVG), plateforme de la société civile regroupant une trentaine d’associations pour la protection de l’environnement saute sur l’occasion pour remettre les pendules à l’heure.

« Je n’ai pas à m’immiscer de l’affaire interne de l’association mais l’occasion se présente pour rappeler la nécessité de poursuivre la procédure judiciaire impliquant Johnfrince Bekasy« , soutient Ndranto Razakamanarina, président du Conseil d’administration de l’AVG. « Le gouvernement malgache avait promis l’arrestation de l’individu, ce qui n’est pas encore le cas », remémore-t-il.

L’ambassadeur américain Robert Yamate avait émis le souhait d’un retour du prévenu devant la justice après son séjour à l’étranger, comme dans le cas dans l' »affaire Claudine Razaimamonjy », le 13 avril dernier.  » Il [Johnfrince Bekasy] devrait rentrer au pays (…) pour pouvoir se défendre devant la justice« , avait lancé le diplomate américain en marge de la cérémonie de remise des travaux de réhabilitation du palais d’Andafiavaratra.

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