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Claudine Razaimamonjy joue au cache-cache

Où est passée Claudine Razaimamonjy, conseillère du président malgache Hery Rajaonarimampianina? La question est sur toute les lèvres après son départ de la Clinique Fortis Darné , Floréal, à Maurice.

La femme d’affaires est restée 48h à la clinique après y avoir passé, vraisemblablement une radiographie, selon une source indépendante. Elle avait été accompagnée de trois femmes et d’un homme. Elle a quitté l’établissement hospitalier vers 16 h 30, heure locale, soit vers 15h30 à Madagascar. Et puis, plus rien.

A priori, Claudine Razaimamonjy ne serait pas encore passé auprès du service de l’immigration mauricienne mercredi après-midi. L’avion privé, ayant transporté la délégation, aurait encore été aperçu sur le tarmac de l’aéroport de Plaisance.  Les avions privés ne peuvent pas voler la nuit à Maurice. Toujours, selon une source indépendante, aucune demande d’entraide judiciaire n’a été lancée par le gouvernement malgache auprès des autorités mauriciennes.

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Claudine Razaimamonjy est arrivée à Maurice le lundi 10 avril à 9h45 par un avion privé. Elle est passée par un salon privé, le Yu Lounge. Le service de l’immigration mauricien n’aurait pas été averti par les autorités malgaches, du moins officiellement, que la conseillère spéciale du Président de la République faisait l’objet d’une enquête judiciaire. Elle avait débarqué dans l’île sœur « comme une touriste » aux yeux de la Police aux frontières mauricienne.

La femme d’affaires est accusée  de détournement de deniers publics, de favoritisme à l’attribution de marchés publics et de blanchiment de capitaux par la Chaîne pénale anti-corruption le 7 avril. Elle avait été admise à l’hôpital aussitôt la décision prise par le juge.  Son départ vers l’île Maurice crée une polémique.

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A Madagascar, les voix s’élèvent après le départ rocambolesque de Claudine Razaimamonjy. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) avait évoqué une « procédure viciée » autour de ce déplacement alors que le procureur général de la Cour d’appel n’a pas levé l’interdiction de sortie du territoire de la femme d’affaires. Le Procureur de la République avait donné un « avis de non objection » qui n’est « ni un oui ni un non », selon ses termes, à la demande.

L’ancien Premier ministre Omer Beriziky s’est indigné de l' »évacuation sanitaire » dont bénéficie Claudine Razaimamonjy. Le parti Malagasy miara-miainga (MMM) affirme avoir adressé une lettre au gouvernement mauricien pour agir dans l’optique de son rapatriement. Guy Rivo Randrianarisoa , questeur à l’Assemblée nationale issu du Tiako i Madagasikara (TIM) demande aux autorités de s’exprimer sur le dossier afin de clarifier la situation.

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Le groupe d’activistes Wake Up (WUM) lance un appel aux forces vives de la Nation à se manifester pacifiquement devant le Palais de la Justice à Anosy le vendredi 14 avril. L’objectif de l’opération est de montrer aux autorités une volonté de s’opposer à toute démarche qui ne respecte pas la loi.