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Energie – Une subvention de 150 milliards d’ariary supplémentaires en vue pour la Jirama

La société nationale de distribution d’eau et d’électricité n’aura finalement droit qu’à 400 milliards d’ariary de subvention cette année. Soit 150 milliards d’ariary de plus que ce qui était prévu dans la loi de finances de 2017.

Un nécessaire transfert additionnel

Les 250 milliards d’ariary de subvention initialement prévus pour la Jirama au titre de l’année 2017 ne suffiront pas. Mettant en avant le manque d’eau, voire la sécheresse, qui a sévi en début d’année dans de nombreuses régions de Madagascar, et qui a donc réduit grandement la capacité de ses centrales hydroélectriques, la société nationale d’eau et d’électricité s’est dit contrainte de recourir à plein regime à ses centrales thermiques dont une grande partie fonctionne au gasoil. En janvier, la Jirama avait avancé avoir besoin d’une quantité quotidienne de 800m3 de gasoil dont 450m3 étaient destinés au réseau interconnecté d’Antananarivo. Or, selon Lantoniaina Rasoloelison, l’administrateur délégué de la compagnie, celle-ci devait acheter le litre de ce carburant 30% plus cher que le prix pratiqué à la pompe : 4180 ariary au lieu de 3150 ariary. D’où la nécessité de plus de subvention que prévu alors que les autorités gouvernementales, du ministre des Finances au Premier ministre, avaient déjà annoncé qu’il n’était pas question de verser à la Jirama plus que ce qui était prévu.
 

Une ambition revue à la baisse

Au plus fort de la « crise de l’eau », la Jirama avait demandé au gouvernement de lui allouer une subvention de 750 milliards d’ariary, soit 500 milliards d’ariary de plus que les 250 milliards d’ariary prévus dans la loi de finances initiale de 2017. Mais l’ampleur du montant a soulevé un tollé auprès des bailleurs de fonds qui, à l’instar du Fonds monétaire international, craignent que pareille mesure n’implique « des coupes au niveau des dépenses publiques » et réduise ainsi les ressources pour les autres secteurs, notamment les secteurs sociaux et les infrastructures. Un trop grand transfert additionnel aurait donc eu un impact sur les aides des partenaires techniques et financiers (PTF). C’est ainsi que la Jirama a dû revoir son ambition à la baisse.
 
Car, pour les PTF, il ne s’agit pas tant de priver la compagnie d’eau et d’électricité de subvention supplémentaire. « Il est indéniable que la Jirama est importante dans le bon fonctionnement de l’économie et qu’à cause de la sécheresse, ses besoins pourraient bien avoir augmenté », reconnaît Patrick Imam, représentant résident du FMI. Pour ce dernier, il fallait donc que la Jirama et l’Etat voient « comment solutionner les problèmes de la compagnie sans compromettre des secteurs tout aussi importants avec eux aussi des besoins énormes ».
 
De 500 milliards d’ariary de transfert additionnel, la Jirama, en creusant dans des solutions internes, est arrivée à moins de 200 milliards d’ariary. Mais à entendre le ministre des Finances et du budget qui, après avoir assuré ne pas vouloir débourser davantage pour la Jirama, semble avoir fini par faire des concessions à cause de la sécheresse, il ne serait autorisé que 150 milliards d’ariary supplémentaires. Jusqu’à ce que la Jirama arrive à ce montant, le FMI a décidé de laisser en suspens son accord pour le décaissement de la deuxième tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC).
 

Des solutions internes

Pour réduire au minimum sa requête additionnelle, la Jirama a décidé de creuser davantage dans des solutions internes. Comme la compagnie ne recouvre que 60% des factures qu’elle émet, une meilleure politique de recouvrement devrait déjà améliorer substantiellement les recettes de l’entreprise.
 
A un meilleur recouvrement s’ajoute la volonté de traquer les « voleurs » d’électricité afin de récupérer, et donc de facturer les 35% de pertes subies par la compagnie. Alors que la moyenne acceptable de perte du fait de la transmission est de 18%, la Jirama en enregistre quasiment le double. Cette électricité produite mais non facturée est considérée comme étant de l’électricité volée. C’est ainsi que près de 300 agents verbalisateurs ont prêté serment de manière à pouvoir intervenir directement en cas de vol d’électricité, une infraction considéré comme un délit depuis octobre 2016.
 
Par ailleurs, afin de réduire les dépenses de la Jirama en carburant, il a été décidé d’utiliser moins de gasoil et de recourir davantage au fuel lourd. Avec la mise en service des centrales de Mandroseza dans le cadre du partenariat avec Symbion Power et la mise en service des deux centrales d’Ambohimanambola, il devrait y avoir une puissance disponible de 140mW produite par fuel lourd sur le réseau interconnecté d’Antananarivo.
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